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Toi tu te tais !

le  28/09/2020   au théâtre Trévise, 14 rue de Trévise 75009 Paris (tous les lundis à 19h30)

Mise en scène de Gérard Diggelmann avec Narcisse et Robin Pagès (guitare et piano) écrit par Narcisse




Quand on décide de s’appeler Narcisse, on ne le choisit pas ce nom d’artiste par hasard ni sans raison ! En tant que fils du dieu-fleuve Céphise et de la nymphe Liriopé dans la mythologie grecque, né des « métamorphoses d’ovide », et tombé amoureux de son reflet, c’est déjà une approche intellectuelle des plus égoïstes, égocentriques et même prétentieuses, qui puisse paraître aux premiers abords. D’ailleurs, la présence de 9 écrans plats grand format sur la scène lui renvoyant assez souvent voire abondamment son faciès, pourrait valider cette première observation. Mais l’homme a plus d’un tour dans son sac, pardon, son « miroir » !
En effet, Narcisse se sert des mots, à travers des textes autant parlés que chantés, comme de la nouvelle technologie, accompagné notamment d’images télévisées projetées et de sons musicaux électriques, pour transmettre son slam exalté, son savoir-faire en tant que poète de la pensée humaine, manipulateur de phrases à la tournure non-conventionnelle, jouant sur les termes et autres paradoxes conditionnés pour mieux les détourner de leur sens premier souvent trompeur, afin de leur donner à nouveau corps, considération et signification par la suite.
Un vrai tour de force qu’il exécute certes d’une façon quelque peu complaisante, pompeuse, empruntée, limite monocorde pour ne pas dire soporifique par moment, mais avec une certaine acuité verbale et digitale dans son propos qui pousse le spectateur à rester attentif, à tendre l’oreille, à faire fonctionner ses neurones, à se poser des questions sur notre monde et à écouter les multiples compromis, utilisations et déviations qui sortent de sa bouche comme des vidéos. Même s’il donne l’impression parfois de s’écouter parler – et chanter – avec arrogance, récitant presque son discours pourtant rodé, il le fait avec une voix grave, douce et envoûtante, légèrement maniérée, qui apporte un petit plus à l’ensemble de son spectacle introspectif.
Une curiosité cathodique, théâtrale et « musicale » atypique dans l’air du temps, pleine d’humanité, aussi créative qu’absurde et aussi subtile qu’originale, qui sort des sentiers battus et totalement engagé, « connecté » à la réalité moderne actuelle : finalement et malgré tout, pas si toxique que cela, le show de ce Narcisse !

C.LB



 
 
 
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