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Cabaret Louise (jusqu’au 25 octobre)

le  17/09/2020   au Lucernaire, 53 rue Notre Dame des Champs 75006 Paris (samedi et dimanche à 17h30)

Mise en scène de Marc Pistolesi avec Charlotte Zotto et Régis Vlachos écrit par Régis Vlachos




Louise Michel… ce nom nous dit à tous quelque chose sans que l’on puisse parfois le situer ailleurs que sur une ligne de métro. Alors, justement, petit rappel historique de la part de joyeuse troupe de la « Compagnie du Grand soir » de Clichy-sous-Bois, comme se présentent joyeusement Simone de Belleville et Edouard de Versailles, sur la scène du « Cabaret Louise » : Louise Michel est une des grandes figures de la commune de Paris, héroïne de la révolte de 1871, et une féministe activiste de choc, qui instaura l’école pour toutes et tous, avant que Jules Ferry (qu’elle abhorrait et présentait comme méprisant le peuple) ne devienne le héros de l’école républicaine. Epargnée par les balles des pelotons d’exécution de Thiers (« le président des riches » comme elle le présente »), elle sera condamnée à la déportation en Nouvelle Calédonie.
Loin d’adopter le style purement pédagogique du récit biographique, le duo de comédiens a choisi une forme un peu foutraque : mélange de chansons, de reconstitution historique et de retour à la réalité de 2020. Ainsi, lorsque Louise Michel s’amourache de Théophile Ferré, un de ses camarades de lutte, le récit vient en écho aux relations tumultueuses des deux comédiens. La mise en abyme fige le récit historique pour nous ramener vers le présent, la difficulté des relations entre hommes et femmes et les inégalités dont souffrent ces dernières.
C’est parfois maladroit mais c’est bourré de charme et parfois carrément émouvant : les deux comédiens, Charlotte Zotto, l’œil fiévreux et l’engagement en bandoulière, et Régis Vlachos, l’auteur du texte et interprète multiformes, tiennent le jeu et captent l’attention du spectateur lors de ce court spectacle d’une heure. Louise Michel n’a pas eu que des détestations, elle a eu aussi un grand amour, celui de la « rock star de l’époque » : Victor Hugo. Ardent défenseur de la révolutionnaire, il lui écrivit ces lignes :
Ayant vu le massacre immense, le combat
Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,
La pitié formidable était dans tes paroles.
Tu faisais ce que font les grandes âmes folles
Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,
Tu disais « j’ai tué ! » car tu voulais mourir...

E.D



 
 
 
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