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L’antichambre

le  07/04/2009   au théâtre de l'Oeuvre, 55 rue de Clichy 75009 Paris (du mardi au samedi à 21h, matinées le samedi à 18h30 et le dimanche à 15h30)

Mise en scène de Christophe Lidon avec Danièle Lebrun, Jean-Claude Bouillon et Sarah Biasini écrit par Jean-Claude Brisville




Quelle délicieuse soirée vous passerez en vous rendant au théâtre de l'Oeuvre où se joue la pièce L’antichambre ! Dans un décor de boiseries, de trumeaux, de tableaux, de miroirs, dans un ensemble de couleur bronze très raffiné dû à Catherine Bluwal, évoluent 3 personnages dans ce « salon » très célèbre du 18ème siècle, celui de la marquise Du Deffand. Celle-ci vient d’accueillir chez elle une de ses parentes, Julie de Lespinasse, fille illégitime de son frère, pour lui servir de lectrice car elle vieillie et sa vue baisse. Mais peu à peu, cette jeune fille lui fera de l’ombre, rassemblant autour d’elle les anciens fidèles de sa tante (d’Alembert, Diderot,…) qui se retrouvera seule et abandonnée de tous, même par son très vieil ami, le président Hénault, le plus fidèle pourtant mais troublé par la jeunesse et la vie dont déborde Julie.
La pièce est écrite dans une langue si pure et si élégante qu’on la croirait d’époque. Les 3 comédiens, remarquablement mis en scène par Christophe Lidon, sont aussi parfaits les uns que les autres. Danielle Lebrun, Madame du Deffand, toujours fine, juste, prête peut-être au début de la pièce à éprouver de l’affection pour cette jeune fille, mais qui très vite laissera sa jalousie prendre le dessus, n’acceptant la vieillesse qui vient et qui, par manque de cœur, se retrouvera isoler et recluse du fait de sa cécité. Danielle Lebrun, pleine de nuance, aussi habitée par son personnage que l’était Suzanne Flon, la créatrice du rôle en 1991, nous fait ressentir tous ces sentiments attristants et cruels.
Sarah Biasini interprète Julie de Lespinasse : elle est gracieuse, vraie, sincère, vive, honnête, et joue parfaitement ce mélange de franchise, de reconnaissance pour sa bienfaitrice, son grand désir étant d’être aimée par elle et en même temps cette volonté de sortir de sa condition, de s’élever par la fréquentation des beaux esprits qui peuplent le salon de la marquise. Et sa déception sera de ne pouvoir réussir les 2, ce qui occasionnera son départ.
Jean-Claude Bouillon (qui remplace Roger Dumas dans la première monture), le président Hénault, tient une grande place dans ce trio : ami fidèle, parfait confident, cherchant à calmer le jeu mais pris entre ses 2 femmes, et obligé à son corps défendant (et peut-être aussi à cause de l’attirance physique qu’il a pour Julie) d’abandonner sa vieille amie, déçu par son intolérance.
Les robes chatoyantes des dames, dues à Claire Belloc, sont ravissantes et se fondent dans l’harmonie du décor. Bref, c’est une très belle soirée, tour à tour brillante et nuancée, que vous passez, soyez-en certain !

C.LB



 
 
 
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