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Alison Burns and Martin Taylor : 1:am
le 06/07/2008
chez
P3 music
Si vous n’avez jamais entendu parler de Martin Taylor, c’est que ce prodigieux guitariste écossais et compositeur pour le moins émérite, qui officie en Grande-Bretagne depuis des lustres, n’a jamais vraiment franchi La Manche pour venir gratter de son instrument chez nous et nous prouver sa grande réputation d’un peu partout ailleurs. Pourtant, ce n’est pas faute d’être encensé par la profession, notamment le talentueux guitariste Pat Metheny et le non moins célèbre violoniste Stéphane Grappelli, avec qui il a collaboré dès la fin des années 70 (pendant exactement 11 ans). Il a également travaillé avec des grands noms comme George Harrison, Eric Clapton, Chris Rea, Bill Wyman, Dionne Warwick, Chet Atkins (autre virtuose de la guitare mais américain cette fois), Liza Minnelli, Sacha Distel (lui aussi très guitariste sur les bords), Michel Legrand, Yehudi Menuhin, et Peggy Lee, ainsi que sur des BO comme celles de Milou en mai et Le plus escroc des 2 avec Michael Caine et Steve Martin. On a beau être un spécialiste dans son domaine, on n’en est pas moins inconnu tant qu’on n’a pas fait les démarches marketing nécessaires pour que ça change : encore faut-il se faire connaître pour être définitivement reconnu ! Ce sera sans doute chose faite avec ce charmant album fort romantique, plein de limpidité, de fluidité et d’harmonie musicales, qui nous démontre parfaitement sa capacité à jouer divinement bien et à restituer des ambiances de toute beauté grâce à son touché délicat (l’influence de Django Reinhardt n’est pas loin !). Accompagnée sur l’ensemble des titres par la chanteuse Alison Burns au timbre certes profond et velouté mais quelque peu passéiste (No one ever tells you, I’m confessin’) et au trémolo de circonstance (notamment sur He’s a tramp de Peggy Lee et Drop me a line), parfois doux mais souvent grave, il nous propose 14 ballades lentes (I haven’t got anything better to do) et épurées (à la guitare seulement), sensibles et langoureuses (Agani, Because of you, Sophisticated lady, Do you love me), des reprises pour la plupart américaines (If I keep my heart out of sight de James Taylor – un homonyme - ; If it’s magic de Stevie Wonder) mais aussi très connotées années 40/50 (The man that got away et How long has this been going on ? de Gershwin). Il va s’en dire que ce disque, proche de l’exercice de style aux variations à peine perceptibles pour le commun des mortels, semble être destiné qu’à des puristes de la première heure, à des fans éclairés et des amateurs nostalgiques. Si vous êtes un féru de guitare acoustique et de musique d’antan, vous serez servi !
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