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Juan Trip : Consolation

le  29/05/2006   chez Citizen/Nocturne





« Si votre nom se rapporte à vos compositions, vous êtes bien le phoenix de la musique electro ambiante » ! Rien que d’écouter les 16 titres de son premier album, on ne peut difficilement pas dissocier son concepteur et DJ, Juan Trip (ex-F.Com aux côtés de Laurent Garnier et Saint-Germain), avec sa musique lancinante, aussi planante qu’aérienne, exactement comme un bon « trip » qu’on pourrait se faire seul ou entre amis. D’autant plus que ses morceaux fleurent bon les sixties et les seventies, pleins de nappes psychédéliques et de rythmes mélancoliques qui nous rappellent pour certains les années fastes de la pop et du rock. Pas la peine de se demander si notre homme est véritablement né à cette époque, il suffit juste de savoir qu’il est tombé dedans lorsqu’il était petit, c’est-à-dire dans la collection de vinyls de ses parents ! Tout est là comme les ambiances évanescentes et les atmosphères éthérées d’une mouvance musicale très Peace and love, très Flowers’ power, très Woodstock même. Il y a ici beaucoup de références à quelques grandes pointures d’un temps révolu, à certains maîtres à composer de la grande période créative que fut les années 60 et 70, tels que The Shadows (Intro kitsch avec le jeu de guitares rock adéquate, reprit 2 autres fois dans une nouvelle variation : That’s my kitsch plus country U.S. et Outtro kitsch en final) ; les Beach boys (Palmorama scene aux dimensions musicales dépaysantes avec des bruits de vagues, Crystal rainbow et Dreaming landscapes en forme de ballades douces et reposantes) ; le Velvet Underground (les psychés Dirty party et Robots & space chips interprété instrumentalement et vocalement comme jadis) ; les Pink Floyd période Syd Barrett (Big city et For shock’n’roll avec ses distorsions de guitares ondulantes, ses flûtes envoûtantes et ses chœurs emphatiques). Et l’electro dans tout cela, me direz-vous ? Il est présent dans la dernière partie du disque, à travers quelques titres qui résonnent un peu à la manière de Air, comme par exemple Consolation aux variations hindoues, Smoke to the rescue et ses sonorités expérimentales à la Spike Jonze, ou encore Real avec ses effets trafiqués sur fond de mandoline. On pourrait croire aisément que nous sommes revenu au temps des sonorités bigarrées et brutes de forme s’il n’y avait pas cette petite touche postmoderne derrière pour nuancer l’ensemble et nous rappeler que plus rien ne sera véritablement comme avant. N’empêche que Juan Trip a bien assimilé la discographie de ses prédécesseurs pour avoir réussi à condenser aussi bien et de façon aussi harmonieuse quelques 20 années de musique pour le moins riche et dense que furent ses fameuses années-là !



 
 
 
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