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Slash : Orgy of the damned

le  17/05/2024   chez Gibson Records





Slash, guitariste et compositeur lauréat de plusieurs Grammy Awards, annonce son sixième album solo. En 12 morceaux dynamiques, il rend hommage au blues en revitalisant des classiques du style avec une approche dépouillée et spontanée, à l'image du premier single, « Killing Floor », sur lequel on retrouve Brian Johnson d’AC/DC au chant et Steven Tyler d’Aerosmith à l’harmonica. Une interprétation électrique, rugueuse et joyeusement débridée du standard de Howlin’ Wolf datant de 1964.
En reprenant à la fois des classiques et des morceaux plus confidentiels, Slash tire son chapeau au passé de manière nostalgique tout en ne manquant pas de revigorer ces covers avec son jeu inimitable et son goût pour les collaborations. Dans "Orgy of the Damned", le célèbre guitariste s’est à nouveau offert les services du producteur Mike Clink et aligne une liste d'invités de choix. Une optique comparable à celle de son album solo de 2010. Slash a aussi rappelé deux des musiciens de Blues Ball, son groupe des années 90 : Johnny Griparic (basse) et Teddy Andreadis (claviers) en y ajoutant Michael Jerome (batterie) et Tash Neal (chant/guitare).
S’il a grandi en Angleterre, sa grand-mère américaine l’a initié au blues dès son plus jeune âge, ce qui lui a permis d’immédiatement s'intéresser à B.B. King. Dans le même temps, ses parents l’ont nourri de la meilleure des manières avec le rock ‘n’ roll britannique des années 60, allant de The Who aux Kinks. Après son déménagement à Laurel Canyon, Slash s’est retrouvé entouré de chanteurs rock et folk tels que Joni Mitchell, Crosby, Stills & Nash, ou encore Neil Young, qui l’ont inspiré aussi bien en tant que musicien que compositeur. Ce n’est que lorsqu’il a commencé à pratiquer la guitare qu'il s’est rendu compte que ses musiciens préférés avaient été influencés par les mêmes disques de B.B. King qu’il écoutait depuis son enfance.
"Orgy of the Damned" couvre plusieurs périodes et styles du blues. On retrouve ainsi une reprise enlevée et agressive du « Crossroads » de Robert Johnson, ou une interprétation plaintive et vibrante de « Stormy Monday » de T. Bone Walker avec une Beth Hart resplendissante d'intensité. Certains morceaux, tels que « The Pusher » de Steppenwolf, « Key to the Highway » de Charlie Segar et « Born under a Bad Sign » d’Albert King, avaient été déjà été repris par le Slash’s Blues Ball, alors que d’autres, comme « Living for the City » de Stevie Wonder, font partie des morceaux préférés du guitariste. Comme ce « Hoochie Coochie Man » de Willie Dixon - popularisé par Muddy Waters en 1954 - qui symbolise la nature débridée et spontanée de "Orgy of the Damned", grâce la participation de Billy F. Gibbons à la guitare et au chant. Les musiciens ont répété à North Hollywood, puis ont commencé à interpréter ces classiques, animés par une passion commune. Tout a été joué live dans la même pièce, avec un groupe qui mettait l’accent sur l’improvisation. Le résultat : des morceaux dynamiques et énergiques, qui restent immédiats, crus et familiers.
En cherchant des chanteurs, Slash a approché son vieil ami et partenaire musical Iggy Pop, qui voulait enregistrer du blues depuis longtemps. l'iguane a proposé de chanter « Awful Dream », un morceau de Lightnin’ Hopkins datant de 1962, initialement enregistré à la guitare acoustique. Les deux musiciens, assis sur leurs tabourets respectifs, ont décidé de recréer cette atmosphère dépouillée et ont enregistré leur version langoureuse et émouvante dans le studio de Slash.
Plus loin sur le disque, Demi Lovato prête sa voix puissante à « Papa Was A Rollin’ Stone », une version fidèle et profonde du single de 1972 de The Temptation, groupe que Slash admirait lorsqu’il était enfant. Bien que le titre tire plus vers le R&B, le guitariste a souhaité y inclure sa propre griffe. L'album se conclut avec une composition instrumentale planante, « Metal Chestnut », écrite spécialement pour l'occasion.
"Orgy of the Damned" permet enfin à Slash d’exposer un des aspects encore méconnus de son talent. S’il a toujours démontré un large spectre d’influences musicales, cet opus lui permet d’explorer une face unique de son jeu et invite à une aventure mouvementée à travers ses inspirations blues profondes, qui étaient longtemps restées en arrière-plan de son illustre carrière.



 
 
 
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