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Le crime de l’Orient Express

Sortie  le  13/12/2017  

De Kenneth Branagh avec Kenneth Branagh, Johnny Depp, Josh Gad, Derek Jacobi, Michelle Pfeiffer, Penélope Cruz, Willem Dafoe, Daisy Ridley et Judi Dench


Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.

Sacré Kenneth, incapable de résister à l’envie de se mettre toujours un peu plus en avant et cela à n’importe quelle occasion qui se présente ! Non content de passer derrière la caméra encore une fois (après entre autres Henry V, Dead again, Peter’s friends, Beaucoup de bruit pour rien, Frankenstein, Hamlet, Peines d’amour perdues, et The Ryan initiative), il s’octroie en plus le privilège d’être également devant et souvent dans le 1er rôle (notamment dans quasiment tous les films cités précédemment), histoire de prouver ou, du moins, de montrer qu’il est possible d’être aussi bon d’un côté comme de l’autre de l’appareil ! Et en tant qu’homme de théâtre, il ne peut pas non plus s’empêcher de clamer voire de réciter haut et fort – et même intérieurement (pour nous en voix off ! - quelques longs discours et autres tirades parfois remplis de phrases moralisatrices et de textes profonds, un moyen comme un autre de mettre en avant la belle langue shakespearienne qu’il défend depuis si longtemps !
Ainsi présenté, il ne pouvait en aucun cas faire abstraction de cette légendaire œuvre d’Agatha Christie archi-connue, sans y mettre son petit grain de sable si souvent emprunté à son jeu sur les planches, ni sans y placer quelques-unes de ces « fameuses » expressions et autres espiègleries utilisées lors de ses nombreuses prestations passées. Mais il ne suffit pas d’endosser le célèbre habit d’Hercule Poirot pour être le personnage – d’autant qu’ici, il semble vouloir plutôt interpréter un Sherlock Holmes de par son « illustre » origine britannique I presume ? Evidemment, pardon, élémentaire mon cher ! -, encore faut-il ne pas surjouer d’un ton emprunté, limite ampoulé, ponctué de sourires forcés, de rictus soulignés, de regards appuyés, d’accents soi-disant « français » mélangés à de l’anglais, de maquillages à outrance (et pas un n’y échappe !), et d’une immense moustache particulièrement proéminente et très visiblement postiche bel et bien collée, plus proche d’une sacrée « bête » à concours à la Buffalo Bill qu’autre chose disons plus discrète. Mais, que voulez-vous, quand on Est à l’écran ce détective de génie – le « meilleur détective du monde » n’est-ce pas ! -, on ne peut décemment pas manquer de jugeotes ni de stimuli, d’obligations à prendre et à mettre en place, de déductions infaillibles toujours tournées à son avantage, bref, du sens des responsabilités qui lui incombent (et ce n’est pas la modestie ici qui l’étouffera, loin de là, jusqu’à sa scène finale en forme de La cène de Leonard de Vinci, d’un ridicule ou plutôt d’un grotesque éhonté !).
En résumé, Sir Kenneth Branagh en devient à force arrogant – une marque de fabrique ! - et exaspérant, se mettant tellement pour ne pas dire trop souvent en avant au profit de ses autres partenaires et non des moindres (jugez par vous-même : Johnny Depp, Derek Jacobi, Michelle Pfeiffer, Penélope Cruz, Willem Dafoe et Judi Dench !), multipliant les clichés dépaysant et « exotiques » pour faire genre, sur fond de quelques rares scènes d’action afin d’égayer ce huis clos sans suspense et on ne peut plus prévisible (quelle prétention d’espérer faire aussi bien, voire mieux que l’adaptation fort réussie - et devenue d’ailleurs un classique – réalisée en 1975 par le magistral Sidney Lumet avec déjà à l’époque un casting tout aussi prestigieux !), rajoutant même du vintage, de l’extravagance et de l’excentricité là où ce n’était pas forcément nécessaire. En un mot, un remake sans intérêt (une énième version pas loin de la mascarade !) et inutile (tout le monde connaît aussi bien l’intrigue que la fin !), sauf peut-être pour la nouvelle génération qui, sans (aucun) doute, n’ira certainement voir ce type de production jugée « d’un autre temps »....

C.LB



 
 
 
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