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La planète des singes – suprématie

Sortie  le  02/08/2017  

De Matt Reeves avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn, Terry Notary, Amiah Miller, Judy Greer et Karin Konoval


Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

C’est un 3ème – et sans (aucun) doute le dernier - chapitre qui tient vraiment toutes ses promesses, au moins autant que les 2 premiers volets de ce triptyque cinématographique (le 9ème film de cette célèbre franchise !) particulièrement prenant et captivant, aussi passionnant et fascinant les uns que les autres. D’une part, l’ensemble tient parfaitement la route et possède tout ce qui peut nous tenir en haleine pendant plus de 2h sans trop malmener voire maltraiter l’œuvre originale de Pierre Boulle, et de l’autre, cette ultime (à moins que... !) partie nous transporte dans un environnement à la fois émouvant et violent, tour à tour sensible et tendu, pour ne pas dire dans un avenir on ne peut plus réaliste et de surcroît totalement convaincant à l’écran.
Force est de constater que les moyens mis en œuvre sont conséquents (paysages de forêts comme de montagnes canadiennes grandioses, décors de prisons et de camps imposants, attaques et combats très impressionnants), et d’admettre que le jeu des acteurs, même tourné en motion-capture, est maîtrisé à la perfection, Andy Serkis en tête, avec cet œil noir soutenu plutôt saisissant, quasi humain ou, du moins, plein d’humanité, d’ailleurs beaucoup plus intelligent et « expressif » que bon nombre de nos semblables. C’est justement là que réside tout l’impact émotionnel de cette production pleine d’actions, ne lésinant pas sur les scènes de regards intenses qui en disent long sur les intentions de l’emblématique César (et de bien d’autres également, qu’ils soient traîtres ou pas !) en plein conflit intérieur, partagé entre l’esprit héroïque et « sauvage » de vengeance bien chevillé au corps, ne pouvant pas ou difficilement échapper à sa haine profonde des militaires « tueurs de singes », et sa quête pleine de persévérance d’un nouveau « Eldorado » pour son peuple, afin de réussir à sauver les siens certes assez « évolués » mais néanmoins traqués et, ainsi, tenter de survivre tant bien que mal - avec autant de sagesse et de loyauté que de doute et de sacrifice - aux différentes épreuves subies qui vont jalonner leur long parcours.
Ne soyez donc pas (trop) étonné d’assister à un certain nombre de ralentis, un moyen d’abuser, pardon, de bien souligner l’ambiance qui règne tout au long de ces représailles, ni (trop) surpris si, au détour d’une séquence, on voit planer l’atmosphère d’Apocalypse now (pour l’occasion, l’incroyable Woody Harrelson s’est fait la tête – au sens propre comme au sens figuré – de Marlon Brando, un colonel extrême façon « Kurtz », sans pitié et arborant des lunettes de soleil même la nuit, le tout sur un fond musical interprété par Jimi Hendrix – on se croirait presque au Vietnam ! -), et encore moins par la présence d’un vieux chimpanzé rescapé d’un zoo qui parle (avec la voix de Steve Zahn, déjà entendu notamment dans Stuart little 1 & 2 et Dr.Dolittle 2), proche d’un Gollum sorti de son abri de fortune et élément presque comique de l’histoire ! C’est qu’il faut parfois savoir dédramatiser un peu lorsqu’une guerre pour la « suprématie » fait rage...

C.LB



 
 
 
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