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Alien – covenant

Sortie  le  10/05/2017  

De Ridley Scott avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride, Demian Bichir, Carmen Ejogo et Jussie Smollett


Ridley Scott nous replonge dans l’univers qu’il a créé, avec Alien : Covenant.
Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.


Difficile de résister à l’envie de prolonger une saga du genre spatial/science-fiction gore qui a marqué tant les esprits et a toujours fonctionné auprès d’un public absolument conquis, de plus en plus attiré par cette forme d’extraterrestre monstrueuse, tapie dans l’ombre et sanguinaire au possible ! Le réalisateur Ridley Scott n’allait sûrement pas interrompre en si bon chemin une telle franchise avec un « personnage » comme celui-là, capable de décimer tout un équipage sans la moindre hésitation ni le plus petit état d’âme qui soit ! Et qu’importe si Prometheus sorti en 2012, sorte de préquelle d’Alien – le 8ème passager datant de 1979 et se déroulant dans le même univers, n’avait pas rempli toutes les attentes prévues ni rencontré le succès escompté, si attendu par bon nombre d’entre nous.
Bref, 38 ans après sa célèbre 2ème mise en scène, il revient avec sa bestiole favorite dans une « espèce » de suite de Prometheus 10 ans après où, si la créature épouvantable est bel et bien toujours présente au rendez-vous (et pour cause !), elle se fait cette fois quelque peu voler la vedette par d’autres intervenants, notamment une quinzaine de membres/pionniers d’une expédition intitulée Covenant en route vers une planète inconnue. Cela ne vous rappelle-t’il rien ? Mais si bien sûr, à nouveau une version du 1er Alien du style « Les 10 p’tits nègres » (sauf qu’ici, ils sont 15 !) dont encore une femme héroïne (exit-Sigourney Weaver et place à Katherine Waterston, vue entre autres dans Hôtel Woodstock, Monsieur Flynn, 48 heures chrono, et Steve Jobs !), tous plus ou moins poussés par une curiosité maladive, voire évidente et même certaine, au point de s’approcher encore un peu trop près de ce qu’ils ne devaient pas voir ni toucher sans prendre plus de précaution que cela !
Et c’est donc reparti pour un massacre en bon et du forme, perpétré autant par nos animaux baveux à souhait que par des être hybrides, les Néomorphes qui pénètrent l’organisme humain soit par les oreilles soit par les narines pour se reproduire, croisement génétique manipulé par un individu robotisé – un androïde sophistiqué - tout aussi parfaitement « créé » qu’eux, en la personne de Walter (et c’est à nouveau Michael Fassbender qui s’y colle après son excellente prestation de David dans Prometheus, continuant à chercher une réponse à ses nombreuses interrogations « biomécaniques » dites philosophiques, à travers des réflexions métaphysiques plutôt poussées, du type freudiennes !).
Si les paysages sont toujours aussi somptueux (ceux de la planète « paradisiaque ») et si les effets spéciaux numériques saisissants, eux qui ont sacrément évolués depuis le temps (un mélange de trucages anciens, histoire idéalement de « conserver le ton de la saga » dixit Ridley Scott, et de techniques beaucoup plus récentes, pour ne pas dire, « dernier cri » - tout à fait de circonstance ! -), l’effet de surprise effrayant n’est plus vraiment au rendez-vous sauf peut-être l’introduction, l’accouchement et l’apparition de ces spores (organismes croisés), ni d’ailleurs l’ambiance d’un huis-clos étouffant qui faisait toute la force des précédentes productions. La faute à une vilaine bébête certes plus agile et plus rapide qu’auparavant – pas loin des vélociraptors aperçus dans Jurassic World - mais plus (omni)présente et surtout plus petite en taille à l’écran et, donc, moins dominante face à ces pauvres futures victimes qui détalent comme des lapins. Et puis, la découverte d’une civilisation « disparue », éradiquée par ces prédateurs venus de l’Espace, et dont seule subsiste une architecture très « romaine » tel une « sinistre nécropole », semble sortie tout droit d’un péplum.
Quoi qu’il en soit, on ne s’ennuie pas devant ces « machines trop humaines et trop égocentriques » mais au talent on ne peut plus visionnaire, totalement dans un self-control terrifiant, partagées entre l’amour et le devoir, qui arrivent à « communiquer », du moins, à avoir une grande proximité le temps d’une scène avec ces aliens, même si l’on est moins surpris qu’avant, lorsque ces dernières déboulaient d’un seul coup dans le noir, sans crier gare et nous faisaient sursauter d’une peur totalement primale à chaque fois. Soyez rassuré, d’autres épisodes (3 paraît-il !) sont prévus et devraient voir le jour prochainement...

C.LB



 
 
 
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