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Jackie

Sortie  le  01/02/2017  

De Pablo Larrain avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig, Billy Crudup, Richard E.Grant, John Carroll Lynch et John Hurt


22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des Etats-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

C’est une approche que l’on peut véritablement qualifier d’originale, un portrait pour le moins profond, intime, prenant et pénétrant de la 1ère dame des Etats-Unis à cette époque, que le réalisateur chilien Pablo Larrain (Tony Manero ; No ; El club ; Neruda) a décidé d’entreprendre en tournant l’histoire de Jackie pendant les quelques jours qui ont suivi la mort extrêmement brutale de son célèbre mari. Sa version toute personnelle à travers le portrait de cette femme, basée pourtant sur des évènements et des faits historiques indéniablement acquis, (dé)montre bien ce qu’elle a du vivre et a pu ressentir à ce moment-là, certes marquée par un tel acte meurtrier, elle qui en fut le témoin le plus proche, mais néanmoins devant faire « bonne figure » tout en surmontant sa douleur face à ses proches et ses collaborateurs, ainsi qu’auprès de son peuple et du reste du monde rivé devant son téléviseur lors des différentes retransmissions des cérémonies d’adieu.
Pour garder un semblant de vérité, Pablo Larrain a choisi de rendre, à travers ses images reconstituées de façon aussi minutieuse qu’audacieuse, le grain de photo brut assez particulier de cette période, le même d’ailleurs que celui utilisé à cette époque (du 16 mm), d’autant que son 6ème long-métrage est souvent entrecoupé d’anciennes vraies archives d’actualité sous forme de petits flash-back très rapides, dont certains truqués astucieusement, avec non pas la présence à l’écran de la véritable Jackie mais celle de l’actrice Natalie Portman en lieu et place de la première sur certains passages. Cette dernière, omniprésente durant quasiment tout le film avec une ressemblance assez bluffante, le porte littéralement sur ses frêles épaules, endossant ce rôle plutôt lourd (à porter) avec une force évidente et une conviction indéniable comme si elle était littéralement habitée par son personnage : cela d’ailleurs pourrait bien lui permettre de remporter plusieurs récompenses, voire même – et pourquoi pas ! - un Oscar prochaînement.
Pablo Larrain a tourné au plus près d’elle comme pour mieux capter ses impressions, ses interrogations, ses réactions, ses angoisses et ses doutes aussi, et ainsi faire resurgir toute sa souffrance, sa douleur et ses réflexions intérieures lorsqu’elle se remémore les troublantes dernières heures passées, son errance d’une pièce à l’autre dans cette grande Maison Blanche devenue presque vide sans la présence de « Jack », ses décisions à prendre après et malgré tout avant de quitter sa « résidence washingtonienne ». Comment peut-on surmonter une telle épreuve et comment doit-on se comporter lorsqui’on a vécu une pareille situation aussi dramatique que celle-ci ? C’est bien là toute la dextérité et toute la maîtrise d’un réalisateur à la fois chevronné et inspiré – grâce également au scénariste Noah Oppenheim qui a reçu le prix du Meilleur Scénario au Festival de Venise 2016 - qui a su apporter à cette production envoûtante, une représentation « digne et majestueuse », le tout baigné par une BO envoûtante composée par la jeune Mica Levi....

C.LB



 
 
 
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