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Les 8 salopards (sur Ciné + Frisson)

Sortie  le  17/12/2021  

De Quentin Tarantino avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Demian Bichir, Michael Madsen, Tim Roth et Bruce Dern (sur Ciné + Frisson les 17 et 22/12)


Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par 4 personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces 8 salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie.

Il semblerait que pour son 8ème film, le réalisateur Quentin Tarantino affectionne tout particulièrement ces temps-ci et à nouveau le western, pour nous l’avoir d’ailleurs déjà servi précédemment en 2012 avec Django unchained ! Non content d’avoir joué à fond la carte de la vengeance à la sauce bien saignante, le voilà qui réitère le principe du règlement de compte version toujours aussi sanglante à grands renforts de cowboys grossiers plus ou moins endimanchés (plus proche du scélérat que du renégat !), de déductions élaborées, de raisonnements finement gambergés ainsi que de répliques qui claquent, de pistolets vite dégainés et de cervelles fortement éclatées, découpé en 5 chapitres et tourné en Panavision format ultra 70 mm (une grande définition visuelle beaucoup plus large que le scoop traditionnel, une technique originale mais inutilisée depuis 1966 !), histoire de nous mettre rapidement dans l’ambiance, introduction et entracte en prime comme au bon vieux temps !
Pour parfaire l’ensemble afin que l’atmosphère prenne encore mieux, il s’est senti obligé de détourner un titre culte, le film de guerre Les 12 salopards de Robert Aldrich avec entre autres Lee Marvin et Ernest Borgnine sorti en 1967, pour n’en garder ici que 8, de choisir un casting 4 étoiles avec notamment ses acteurs fétiches attitrés (Samuel L. Jackson que l’on a pu voir dans 4 de ses films ; Tim Roth dans 3 ; Kurt Russell vu dans Boulevard de la mort ; Michael Madsen présent dans Reservoir dogs et Kill Bill 1 & 2 ; Walter Goggins et Bruce Dern aperçus dans Django unchained), plus quelques nouvelles « bonnes » têtes telles que Jennifer Jason Leigh et le mexicain Demian Bichir, sans oublier de demander au maître, l’illustre Ennio Morricone, de lui pondre une BO digne de ce nom. Ainsi proposé, il ne manquait plus à Quentin Tarantino qu’à installer une tension montante progressivement, dite aussi crescendo, et à rajouter un blizzard à décorner les bœufs, un moyen comme un autre de nous présenter un « personnage » supplémentaire et omniprésent bien « distinct ».
Et vous voilà parti pour 3h de pellicules sous forme de huis-clos dans l’unique pièce d’un refuge isolé sans trop d’action finalement, qui déblatère toujours autant, voire de manière incessante, et à tour de rôle, bref, bavard comme ce n’est pas permis (on ne se refait pas, n’est-ce pas, monsieur Tarantino !), où chacun des protagonistes au passé trouble a une fonction bien définie, une mission à entreprendre et un travail à finaliser, sans que l’on sache vraiment qui est gentil et qui est méchant, se testant, se jaugeant et se montant les uns les autres au passage dans un climat de suspicion qui ne sent franchement pas bon la confiance à plein nez. Là-dessus, vient s’ajouter une fin façon film d’horreur où le lieu va se transformer en boucherie et autre (anti)chambre de la mort, peuplé de cadavres comme de vivants dégoulinants de sang - la palme revient sans hésiter à Jennifer Jason Leigh qui, ragoutante comme ce n’est pas possible de la tête aux pieds, se délecte d’être copieusement asperger de la sorte -.
Si la durée peut faire peur ou du moins faire fuir, sachez que cette revisite très théâtrale des 10 petits nègres d’Agatha Christie version Far West ne manque pas d’un certain charme ni de quelques passages d’anthologie qui resteront sans doute graver dans les mémoires....

C.LB



 
 
 
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