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Le loup de Wall Street (sur Canal + Cinéma)

Sortie  le  24/04/2021  

De Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Margot Robbie, Matthew McConaughey, Jon Favreau, Kyle Chandler, Rob Reiner et Jean Dujardin (sur Canal + Cinéma les 24 et 26/04)


Le nouveau film de Martin Scorsese raconte l’histoire de Jordan Belfort, courtier en Bourse à New York à la fin des années 80, depuis sa spectaculaire ascension jusqu’à sa chute vertigineuse à Wall Street..
Du rêve américain à l’avidité sans scrupules du monde des affaires, il va passer des portefeuilles d’actions modestes et de la droiture morale aux spectaculaires introductions en Bourse et à une vie de corruption et d’excès. En tant que fondateur de la firme de courtage Stratton Oakmont, son incroyable succès et sa fortune colossale alors qu’il avait à peine plus de 20 ans ont valu à Belfort le surnom de « Loup de Wall Street ».
L’argent, le pouvoir, les femmes, la drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez...


Avec son allure de jeune premier à peine sorti de ses études et tout frais moulu par une quelconque université, on prendrait presque ce débutant inexpérimenté, interprété par l’époustouflant Leonardo DiCaprio, pour un blanc-bec formaté, destiné à suivre bien sagement le troupeau sans broncher. C’était sans compter sur son rêve de devenir rapidement riche et donc « meilleur », d’autant plus que le sourire carnassier de ce « petit con cupide » en dit long sur ses intentions à venir. Attention, ce courtier et ex-agent de change plein d’ambitions se shoote - dans tous les sens du terme d’ailleurs - à l’adrénaline boursière (mais pas que...) dans la jungle financière de Long Island, à grands coups de règles détournées, d’usages non respectés, d’arnaques éhontées, de corruptions patentées et d’autres excès aussi démentiels que décadents en tout genre, le tout sur fond de fêtes, de femmes, d’alcool et surtout de drogues.
C’est bien simple, pas un plan où ce camé raide blindé et complètement « accro », tout autant que sa bande d’employés tarés, des « camelots véreux » qui se comportent comme des tueurs ou plutôt des loups affamés aussi féroces qu’impitoyables qu’il harangue et endoctrine en entonnant des chants guerriers indiens, ne se défonce « totale » dans la luxure, au point de se déchirer la tête sans vergogne (au sens propre comme au sens figuré). Bref, dans cet asile de fous, ça injurie (« on encule les clients ») et ça sniffe de la cocaïne à tout va, un peu comme dans certains plans de Casino, toujours de Martin Scorsese où déjà les fiestas sulfureuses, les stupéfiants à haute dose et les belles « blondes » bien gaulées (souvenez-vous de Sharon Stone, remplacée ici par la pulpeuse australienne Margot Robbie – vue dernièrement dans Il était temps -) faisaient très bon ménage. On pourrait presque dire que c’est une sorte de Casino à la mode financière !
Pour la 5ème fois que l’acteur fétiche de Martin Scorsese tourne avec lui - après Gangs of New York, Aviator, Les infiltrés et Shutter island -, ce dernier n’a pas oublié de lui mitonner quelques petites prestations pour le moins mémorables, voire d’anthologie, qui sont véritablement à graver d’une pierre blanche, entre autres celle où Leonardo écoute scrupuleusement son mentor interprété par le formidable Matthew McConaughey lui divulguant les règles d’or de Wall Street, celle où il se dispute avec sa femme à grands coups de verre d’eau ou bien encore celle où, « particulièrement » torché, il doit remonter dans sa Ferrari. Si les rares références à Wall Street d’Oliver Stone (le nom de Gordon Gekko est prononcé une fois) et à Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg – avec déjà Leonardo DiCaprio en vedette ! - (autant dans sa façon d’escroquer les gens que sa manière d’être traqué par le FBI) sont présentes ici – sauf celle concernant la drogue qui nous rappelle plutôt certaines scènes de Scarface par leur côté on ne peut plus outrancier -, on peut remarquer que le film file à toute vitesse sans aucun temps mort ni aucune baisse de régime et cela malgré une durée de 3 heures.
De là à ce que cette production à la fois délirante, décadente et tumultueuse, pleine d’humour mais aussi de grossièretés sans nom et autres vulgarités en tout genre, tirée d’un fait divers réel et adaptée du roman autobiographique écrit par le vrai trader Jordan Belfort en personne après sa descente aux enfers à sa sortie de prison en 2005, devienne elle aussi culte, au même titre d’ailleurs que celles citées ci-dessus, il n’y a qu’un pas vite franchi assurément ! En résumé, ça, c’est l’Amérique.....

C.LB



 
 
 
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