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Marius et Fanny (sur Ciné + Famiz)

Sortie  le  06/02/2022  

De Daniel Auteuil avec Daniel Auteuil, Raphaël Personnaz, Jean-Pierre Darroussin, Victoire Bélézy, Nicolas Vaude, Daniel Russo, Rufus et Marie-Anne Chazel (sur Ciné + Famiz avec Marius le 06/02 et Fanny le 07/02)


*Marius : L’histoire de Marius se déroule sur le vieux-port de Marseille, dans le Bar de la Marine tenu par César et son fils Marius. Marius ne rêve que d’embarquer sur un des bateaux qui passent devant le bar et prendre le large vers les pays lointains. Fanny, jeune et jolie marchande de coquillages sur le devant du bar, aime secrètement Marius depuis l’enfance ; Marius, sans l’avouer, a toujours aimé Fanny. Pour retenir Marius, pressenti pour un engagement sur un navire d’exploration, Fanny lui dévoile son amour pour lui et parvient à attiser sa jalousie en provoquant une vive dispute entre Marius et un vieil ami de César, le maître-voilier Panisse, qui, beaucoup plus âgé, courtise Fanny. Partagé entre l’appel de la mer et son amour pour Fanny, Marius renonce à son projet et finit par s’unir à Fanny qui s’offre à lui. Mais, alors que César et Honorine, la mère de Fanny, sont prêts à les marier, Marius est repris par sa folie de la mer. Poussé par Fanny qui se sacrifie par amour pour Marius, ce dernier monte à bord du navire qui part, abandonnant Fanny bouleversée, qui retient ses larmes et cache à César le départ de son fils.
*Fanny : Fanny, amoureuse et abandonnée, apprend qu’elle attend un enfant de Marius. Elle se retrouve en position dramatique de mère-fille, incapable d’assurer son propre avenir et celui de son enfant. Elle accepte alors, avec l’approbation de sa mère et du grand-père de son enfant, César, de se marier avec un commerçant prospère du vieux-port, Honoré Panisse ; celui-ci est âgé de 30 ans de plus qu’elle. Il reconnaît son enfant et l’élève comme le sien ; Panisse leur apporte une prospérité certaine, une honorabilité sociale retrouvée et un avenir confortable. Quelques mois après le mariage et la naissance du bébé, Marius, prenant conscience de son amour pour Fanny durant son voyage lointain, mais qui n’a pas de situation sérieuse, revient et cherche à reconquérir Fanny, toujours amoureuse de lui et à reprendre son enfant.


L’acteur et réalisateur Daniel Auteuil continue sa revisite cinématographique de quelques-uns des plus beaux romans de Marcel Pagnol sous l’égide et l’acceptation de ses ayant-droits, notamment de la veuve de l’écrivain, Jacqueline Bouvier/Pagnol. Après La fille du puisatier sorti en 2011, c’est au tour à la fois de Marius et de Fanny d’être remis au goût du jour au cinéma, plus de 80 ans après leurs toutes premières adaptations à l’écran, qui sortiront simultanément avant que César, dernier volet de cette trilogie marseillaise, ne soit tourné par ses soins.
Très fidèle et fort respectueux des œuvres originales de Pagnol, tel un vibrant hommage rendu à ce grand romancier, cinéaste et académicien, Daniel Auteuil ne sort pas beaucoup des ornières déjà balisées ni des sentiers bien battus par ses illustres prédécesseurs (il est plus proche d’Alexander Korda, de Marc Allégret et d’Yves Robert que de Claude Berri d’ailleurs), se contentant de réaliser 2 de ses classiques du 7ème Art pendant l’entre deux-guerres d’une façon parfaitement traditionnelle et d’une manière pour le moins consensuelle sans y apporter la moindre petite touche de modernité, que ce soit autant dans la mise en scène plutôt théâtrale que dans les situations un brin posées, voire figées comme si elles prenaient leur temps de s’installer (ça se comprend, l’histoire se passe dans le Midi de la France !).
A part quelques rares prises de vue faites en extérieur, tout le film se déroule en studio avec des décors qui font parfois très carton-pâte. Il reste néanmoins des personnages grandioses, des « fadas » forts en gueule et haut en couleurs (entre autres Jean-Pierre Darroussin, un habitué des films du sud avec le réalisateur Robert Guédiguian, qui est un peu plus jeune que le personnage qu’il incarne – Panisse -, Marie-Anne Chazel méconnaissable en mémé, pardon, en Honorine mère de Fanny, et Daniel Auteuil qui n’a pas tout à fait la stature de feu-Raimu, l’interprète de César dans les années 30, tirant la couverture à lui en s’octroyant les meilleures répliques, suivi de près par Victoire Bélézy – aperçue dans la série télévisée Plus belle la vie -, « jolie comme un cœur » (voir la photo ci-dessus), et Raphaël Personnaz – vu dans La princesse de Montpensier, Forces spéciales et 3 mondes – en égoïste patenté), ainsi que des longues tirades mémorables (vous savez, la célèbre partie de cartes !) sur fond de dialogues mitonnés aux petites oignons, aussi croustillants (chacun s’occupant des affaires des autres) que savoureux (en bouche).
Même si ça manque de lyrisme (que n’avait pas ni Jean de Florette ni Manon des sources) et que ça dégouline souvent de bons sentiments d’antan, du sens du sacrifice rétro et de clichés éhontés aussi bien visuels (ça pleure comme une madeleine) que sonores (La mer de Charles Trenet), où tout ce petit monde passe son temps à se faire du mauvais sang, à se torturer ou à se tyranniser l’esprit, à se noyer dans des « affaires de conscience », on se régale à travers quelques bons passages pleins de sagesse et de tendresse qui font honneur à l’un des fleurons de la littérature hexagonale. Néanmoins, une question se pose : à qui s’adresse cette mémoire du cinéma français, cette fresque monumentale de plus de plus de 3 h mise bout à bout ? Sûrement pas aux jeunes, pourtant au programme de leur scolarité, à moins qu’ils y aillent contraints et forcés avec leurs professeurs ! Coquin de sort, cet enjeu culturel, pourtant de notre époque, n’est malheureusement plus de la leur…

C.LB



 
 
 
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