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Cloclo (sur Ciné + Emotion)

Sortie  le  21/03/2021  

De Florent-Emilio Siri avec Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini, Sabrina Seyvecou, Ana Girardot, Joséphine Japy, Maud Jurez, Marc Barbé et Eric Savin (sur Canal + Emotion les 14, 17, 18 et 21/04)


Cloclo, c’est le destin tragique d’une icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans, qui, plus de 30 ans après sa disparition, continue de fasciner. Star adulée et business man, bête de scène et pro du marketing avant l’heure, machine à tubes et patron de presse, mais aussi père de famille et homme à femmes…
Cloclo ou le portrait d’un homme complexe, multiple ; toujours pressé, profondément moderne et prêt à tout pour se faire aimer.


Rien qu’à voir déjà l’affiche ci-dessus, on se demande si nous n’avons pas à faire au vrai Cloclo, tant le portrait est saisissant de ressemblance, plus vrai que nature : même allure, même coupe de cheveux, mêmes traits du visage. Et le mimétisme, bel et bien visible à l’écran, ne s’arrête pas là, notamment lors des passages sur scène où l’acteur chante, danse, gesticule et mouille sa chemise exactement comme lui. Bref, Jérémie Renier, parfait clone du regretté Claude François au point de s’être littéralement fondu dans son personnage (bien plus que Benoît Poelvoorde dans Podium !), nous offre une performance dans tous les sens du terme !
D’ailleurs, il ne pouvait pas en être autrement, d’autant qu’il est (omni)présent sur chaque plan de ce biopic pour le moins exhaustif, pendant presque 2h30. Cloclo et son enfance (avec ses parents en Egypte), Cloclo et ses premiers disques (d’abord Le nabout twist – un bide -puis Belles ! belles ! belles !, un premier succès en 1962 avant tous les autres), Cloclo et ses femmes (Jeannette - sa première épouse -, puis France Gall, Isabelle,….), Cloclo et ses concerts (l’Olympia en 1964), le tout émaillé de quelques-uns de ses tubes les plus représentatifs. Pour une compilation de qualité, on peut préciser que la BO est un must du genre !
Bref, l’idole à minettes, pardon, des jeunes dans toute sa splendeur, entourée de tous ses proches comme de son staff, reconstitution d’une époque révolue, vestes, chorégraphies et paillettes comprises ! Il y a là le sosie de Johnny Hallyday assez bluffant ; celui de Bruno Coquatrix, directeur de l’Olympia, tout aussi remarquable ; celui de Franck Sinatra à peine perceptible (fort heureusement !) ; celui de France Gall (interprétée naïvement par Joséphine Japy), très proche de l’originale avec le regard d’une Jeanne d’Arc qui vient d’entendre des voix ; ainsi que celui de Paul Lederman (joué exagérément par Benoît Magimel), imprésario de Cloclo, légèrement caricatural sur les bords.
En un mot, rien ne manque dans cette histoire ô combien nostalgique, si ce n’est une réalisation plutôt très traditionnelle dans sa forme et sans véritable surprise dans son fond, s’attachant à souligner d’une façon chronologique et trépidante, plus les zones d’ombre du chanteur, ses difficultés, ses contradictions, ses déchirements, ses obsessions, ses souffrances, ses pleurs et ses larmes, que ses nombreux moments de gloire, en un mot, le pathos psychologique de Cloclo pris dans le rythme effréné de ses tournées et le tourbillon infernal de son succès, tout comme à dépeindre en bonne et due forme sa façon de tirer profit de n’importe quelle situation, et surtout sa maniaquerie horripilante (une petite faiblesse qui le perdra d’ailleurs !).
Florent-Emilio Siri (Nid de guêpes ; Otage ; L’ennemi intime) se sort de ce grand barnum audio et visuel plutôt bien et sans excès, d’une manière classique tout à fait honnête, logique, crédible et loin du pastiche, rendant comme il se doit un vibrant hommage au chanteur populaire, le préféré des français, dont les chansons raisonnent encore à nos oreilles.

C.LB



 
 
 
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