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Millénium, le film (sur Ciné + Frisson)

Sortie  le  20/02/2021  

De Niels Arden Oplev avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre, Sven-Bertil Taube, Peter Haber et Peter Andersson (sur Ciné + Frisson les 20 et 26/02 & 02/03)


Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par Henrik Vanger, patriarche d’un puissant groupe industriel familial, pour relancer une enquête abandonnée depuis 40 ans sur la disparition de sa nièce Harriet. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais hacker de génie, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents 100 fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. En établissant un lien entre la disparition de Harriet et une série de meurtres abominables commis il y a plus de 40 ans, les 2 enquêteurs découvrent une histoire familiale sombre et odieuse. Mais chez les Vanger, on aime le secret et on n’apprécie guère de voir ce passé ressurgir.

Ce n’est pas tous les jours que nous avons la chance de voir un thriller made in Suède, alors que d’habitude, ce sont ceux américains qui squattent nos écrans sombres ! Alors, raison de plus pour changer de mentalité comme d’opinion, et découvrir une très bonne surprise, l’aventure tumultueuse pour ne pas dire mouvementée d’un journaliste sur la touche qui va mettre son métier entre parenthèse pour élucider un mystère épais, vieux de 4 décennies, d’autant que celle-ci est l’adaptation fidèle, autant dans le ton que dans les détails, du premier volet de la trilogie culte (Les hommes qui n’aimaient pas les femmes) du romancier suédois Stieg Larsson, véritable phénomène populaire de librairie vendu à plus de 2 millions d’exemplaires en France et à 10 millions dans le monde !
Porté à l’écran le premier tome plutôt volumineux, d’environs 1000 pages, n’est pas chose aisée (le film dure tout de même 2h30 !) mais on se laisse prendre aux péripéties certes multiples et variées mais fort passionnantes de ce tandem particulièrement hétéroclite, un rédacteur pas loin de la cinquantaine, déchu mais idéaliste et consciencieux, et une jeune fille autour d’une vingtaine d’année sous tutelle, quelque peu violente mais véritable as de l’informatique, au look punk tendance gothique et autant percée que tatouée de partout. Entre les 2 va se nouer une histoire plutôt controversée, tour à tour professionnelle et sentimentale, qui va les mener à fouiller un passé (le leur comme celui des autres !) plutôt sulfureux et à découvrir à la fois des secrets de famille bien gardés et un meurtrier protégé particulièrement pervers et sadique. Et nous voilà embarquer dans ces énigmes spécialement alambiquées et tortueuses, sur fond d’un style visuel excitant et peu banal, de merveilleux paysages, pour certains très sombres, qu’on ne voit pas très souvent, ainsi que d’une BO pour le moins chargée, certes très belle mais parfois un peu trop omniprésente. On a l’impression de suivre pas à pas chacune des étapes comme des indices, un peu de la même manière que dans Da Vinci code, l’intérêt, la maîtrise et le jeu d’acteurs en plus.
En effet, comment ne pas être passionné par l’intrigue qui va arriver à ce duo disparate qui cherche les clés d’une explication jamais encore résolue ? Comment ne pas féliciter le réalisateur Niels Arden Oplev, qui n’est pas sa première mise en scène (Portland présenté au Festival de Berlin en 1996 et Drommen, Ours d’Argent à Berlin en 2006), avec sa façon de nous tenir en haleine pendant tout ce temps sans jamais tomber dans les pièges du plagiat ou de la redondance ? Et comment ne pas applaudir ce couple improbable, aussi fort que singulier, que forme les excellents acteurs Michael Nyqvist, plein d’humanité et d’empathie, très populaire dans son pays et vu dans plusieurs films suédois (dont As it is in heaven qui fut nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger en 2004), et Noomi Rapace qui s’est fondue littéralement dans son personnage dans tous les sens du terme, aperçue dans Daisy diamond en 2007.
Bref, ça nous change un peu des films U.S. et ce n’est pas un mal de découvrir parfois d’autres visions et d’autres mentalités qui sortent un peu de l’ordinaire ou du déjà-vu. C’est d’ailleurs ici un aspect non négligeable à plus d’un titre !

C.LB



 
 
 
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