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Sortie  le  23/11/2022  

De Maria Schrader avec Carey Mulligan, Zoe Kazan, Tom Pelphrey, Samantha Morton, André Braugher et Patricia Clarkson


Deux journalistes du New York Times, Megan Twohey et Jodi Kantor, ont de concert mis en lumière l’un des scandales les plus importants de leur génération. À l’origine du mouvement #Metoo, leur investigation a brisé des décennies de silence autour du problème des agressions sexuelles dans le milieu du cinéma hollywoodien, changeant à jamais la société américaine et le monde de la culture.

Un tel sujet ne pouvait pas rester plus longtemps occulté des scénaristes américains et donc absent des écrans de cinéma, d’autant que cette histoire, outre Donald Trump, Bill O’Reilly de la Fox concerne directement l’un des plus importants producteurs d’Hollywood, pour ne pas le citer, pardon, le « bien » susnommé, Harvey Weinstein. En parler ici ouvertement pourrait passer pour un aveu consenti d’un repenti qui impose et obtient le silence, et le montrer du doigt de la sorte reviendrait à dire que cette « lettre ouverte » à ces abus et agissements inappropriés (harcèlements, attouchements et viols en milieu professionnel), a été retournée à l’envoyeur hollywoodien (« tout le système protégeait les agresseurs ») ou, si vous préférez, a été renvoyée directement à son accusateur, Lui, le plus emblématique des « tycoons », sous forme d’un jugement sans appel.
Pas de mea culpa, juste les faits, les sources souvent « contournées » et les preuves on ne peut plus « confidentielles », autour de l’enquête qui fut menée de mains de maître par 2 investigatrices (jouées par Carey Mulligan – vue dans Une éducation, Drive, Gatsby le magnifique, et Mudbound -, et Zoe Kazan, aperçue dans Les noces rebelles, Et beaucoup plus si affinités, In your eyes, et The monster). N’ayant peur de rien, pas même des menaces qui planaient sur elles (« environnement toxique »), ce « duo d’enquêtrices/journalistes » était prêt à affronter les appels menaçants, les intimidations diverses et variées, cela afin de mettre à jour et de faire éclater les allégations et les agressions - comme les « compensations » pour certaines -, commises en toute impunité (« si répandues et si difficile à traiter »).
Cette adaptation du livre éponyme, écrit par les 2 vraies journalistes et récompensé par le Prix Pulitzer, ne s’arrête pas aux dénonciations presque « arrachées » de force de persuasion de la bouche des victimes (« accepter de témoigner toutes ensemble »), elle dépeint aussi l’ambiance studieuse d’un gros journal tel qu’on avait pu le découvrir au sein du Washington Post dans Pentagon papers, sur une autre affaire toute aussi sensible et délicate qu’ici, celle de secrets étouffés et longtemps enfouis par 4 présidents américains. Ce déballage de vérités ne doit pas omettre le fait que quelques noms d’actrices (notamment celui de Gwyneth Paltrow) et de présences de l’une d’entre elles, Ashley Judd, concernée pour avoir été directement impliquée, apparaissent à l’image. A quand un film sur l’affaire Jeffrey Epstein ?

C.LB



 
 
 
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