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Armageddon time

Sortie  le  09/11/2022  

De James Gray avec Anne Hathaway, Jeremy Strong, Banks Repeta, Jaylin Weeb, Anthony Hopkins, Ryan Sell, Andrew Polk et la participation de Jessica Chastain


L’histoire très personnelle du passage à l’âge adulte d’un garçon du Queens dans les années 80, de la force de la famille et de la quête générationnelle du rêve américain.

Le titre du film est tiré d’une phrase qu’a prononcée Ronald Reagan à la télévision lors de sa campagne présidentielle (extrait très furtif). Le temps de ce « conflit (annoncée) à la fois dramatique et catastrophique, cet apocalypse de fin du – ou plutôt de la fin d’un - monde » se matérialise ici chez un petit garçon de 11 ans sûr de lui, plein d’espoir et d’imaginaire – il a la tête dans la Lune, au sens propre comme au sens figuré -, qui vient d’entrer en 6ème dans un établissement « public » et qui va être confronté d’un seul coup à plusieurs sentiments et frustrations plus ou moins complexes, à cet âge où l’on passe de l’enfance à l’adolescence. Entre amitié et discrimination, vol et injustice, liberté et discipline, insouciance et responsabilité, mensonge et intégrité, sans oublier recherche d’identité et relations récurrentes entre père & fils, il va découvrir le dur monde des adultes et commencer à perdre un certain nombre d’illusions autant au sein de sa propre famille qu’à l’extérieur, notamment à l’école.
Et chez Paul, interprété par l’excellent et charmant Banks Repeta (vu l’année dernière dans Black phone), cela va passer par différentes pertes de l’innocence et de repères (inégalités raciales et sociales), par des mises à l’épreuve à la fois morales, culturelles, psychologiques et physiques, par des réalités, des incompréhensions et des attentes comme tout jeune qui se respecte. Si sa mère le couve souvent (Anne Hathaway, très touchante) et son papi (Anthony Hopkins, toujours aussi imposant), son allié et mentor, le gâte tout le temps, son père (Jeremy Strong – Lincoln ; Zero dark thirty ; Selma ; The big short ; Le grand jeu -, tout en justesse) le bat parfois et son frère l’embête à tout bout de champ. Bref, « la vie ne (lui) fait pas de cadeau ». Quelle bonne direction prendre pour plus tard ? Mais ça, c’est une autre histoire que l’avenir lui dira…ou pas !
L’Amérique capitaliste alias le rêve américain pour ne pas dire « la terre des rêves » n’est pas (toujours) pavé de bonnes intentions mais elle a au moins le mérite d’essayer de préparer ces jeunes à ce que sera leur avenir. Et ce scénario « autobiographique » au lourd héritage juif, fort inspiré de la propre jeunesse du cinéaste James Gray (Little Odessa ; The Yards ; La nuit nous appartient ; Two lovers ; The immigrant), ne se prive pas de nous le rappeler à grands coups de fusion entre certaines de ses précédentes productions citées ci-dessus, de silences lourds de conséquences, d’intimité révélée, de mélancolie soulignée, de sensibilité appuyée, de lenteur et manque de rythme exacerbés. Heureusement, la BO très éclectique et assez subtile (entre classique et disco, en passant par du rap et du hip-hop) aide à rendre l’ambiance générale toute personnelle moins longuette, voire ici et là plus guillerette, humour espiègle de circonstance.

C.LB



 
 
 
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