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Une belle course

Sortie  le  21/09/2022  

De Christian Carion avec Line Renaud, Dany Boon, Alice Isaaz, Jérémie Laheurte, Gwendoline Hamon et Hadriel Roure


Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dans sa vie, pour les revoir une dernière fois.
Peu à peu, au détour des rues de Paris, surgit un passé hors du commun qui bouleverse Charles.
Il y a des voyages en taxi qui peuvent changer une vie…


Impossible de ne pas avoir pensé un peu plus tôt à réunir à nouveau à l’écran le fameux duo maman/fils de Bienvenue chez les Ch’tis puis de La ch’tite famille, d’autant qu’ils sont tous les 2 originaires du Nord – elle de Nieppe, lui d’Armentières ! Mais on les a rassemblés cette fois non pas pour une énième version dans la comédie pur jus hexagonale, mais plutôt pour voir s’ils fonctionnaient aussi dans un registre différent, plus nostalgique et plus dramatique, puisqu’il s’agit cette fois de nous raconter le destin, avec les nombreux souvenirs marquants qui l’accompagnent (à coups de flash-back furtifs), d’une vieille dame « sur le déclin », bien décidée à se remémorer le bon - comme le mauvais – temps passé au premier venu, en l’occurrence ici un chauffeur de taxi parisien agacé (au trait à peine forcé par rapport à la réalité !), à la tête de déterré (comme beaucoup de ceux que l’on croise généralement !), limite d’enterrement avant l’heure.
Line Renaud (94 ans au compteur mais qui joue sa coquette en en annonçant que 92 !) et Dany Boon (qui avoue 46 ans pour ce rôle alors qu’on lui en donnerait bien 8 de plus vu sa « gueule », ce qui est la vérité !) se retrouvent à interpréter 2 « pauvres hères », l’une rebelle qui a défendu sa dignité de femme ainsi que de mère jusqu’au bout en en payant chèrement le prix (on aborde rapidement le sujet des violences conjugales sous l’emprise d’un mari violent, celui de la femme battue et violée à une époque où cette dernière n’avait pas trop son mot à dire !), et l’autre désabusé, sa vie « misérable » de chauffeur et père de famille qui n’arrive plus à joindre les 2 bouts, bref, qui ne s’en sort pas voire plus du tout. Et providence pour le moins improbable, voilà que débarque dans son quotidien sombre "mère Madeleine" qui, prévisible comme ce n’est pas permis, va le « sauver » à plusieurs reprises (avec pour dénouement un notaire porteur d’un gros chèque, débarqué de nulle part comme par enchantement) tout en lui redonnant le sourire.
On assiste pendant 1h30 à une sorte de road-movie à la française qui ne s’aventure pas trop loin, hors de Paris, restant bien dans les voies de bus des quartiers phares de la Capitale, nous offrant même au passage une BO remplie de chansons jazz d’un temps que certains voire beaucoup ne peuvent pas connaître. L’ensemble est bienveillant, nonchalant, lent – pratiquement toute l’action (si on peut l’appeler comme cela !) se passe dans une voiture à coup de dialogues téléphonés, assez ternes et sans éclat -, théâtral, larmoyant (pour ne pas dire pas loin du tire-larmes), avec un excès de sentimentalisme plus ou moins exacerbé (de ce côté-là, le ponpon revient à Dany Boon). En résumé, si « les souvenirs sont votre truc », vous ne serez sans (aucun) doute pas déçu de ce voyage…uniquement en taxi où Line Renaud se taille la part la plus belle !

C.LB



 
 
 
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