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Une comédie romantique

Sortie  le  16/11/2022  

De Thibault Segouin avec Alex Lutz, Golshifteh Farahani, Lucie Debay, Olivier Chantreau, Slimane Dazi et Tchéky Karyo


Après avoir disparu du jour au lendemain, César réapparaît dans la vie de Salomé et découvre qu’il est le père d’une petite fille de 3 ans. Cette fois, il va tout faire pour être à la hauteur de leur histoire.

Toute la réussite d’ « Une comédie romantique » digne de ce nom passe par un certain nombre d’éléments bien codifiés qui permettent aux spectateurs d’y croire dur comme fer, du moins, qu’ils puissent s’attacher aux personnages présents à l’écran et adhérer à l’histoire sentimentale qu’on leur raconte. Si des critères et autres points précis ne sont pas complètement respectés, cela peut entraîner la lassitude voire le désintérêt du film que l’on nous montre. Et c’est malheureusement ce qui se déroule ici devant nos yeux pendant 1h40 !
Dès le départ, on a du mal à trouver sympathique et attachant cet égoïste loser, menteur, hâbleur et frimeur, « pas vraiment à la hauteur » (il le répète d’ailleurs à plusieurs reprises !) qui « adore fuir » et nous interprète de façon récurrente une chanson douceâtre et mielleuse à souhait sur fond de Bontempi. Ce rôle est joué par Alex Lutz qui semble vouloir tenter de donner une suite à son Guy (qu’il a réalisé en 2018) alors qu’il était dernièrement beaucoup plus crédible et convaincant dans 5ème set (sorti en 2020). Face à lui, l’iranienne Golshifteh Farahani (Just like a woman ; Exodus – gods and kings ; Les deux amis ; Paterson ; Un divan à Tunis) n’est pas mieux lotie, excessive comme ce n’est pas permis et récitant son texte (improvisé ?) sans y apporter la moindre nuance nécessaire. Bref, à les voir, on aurait presque pitié pour eux deux ! Quand à Tchéky Karyo, il fait une courte apparition mais une mauvaise prestation qui est loin d’être à la hauteur de son palmarès filmographique pourtant déjà bien conséquent.
De plus, la caméra du cinéaste Thibault Segouin (Les deux couillons) bouge quasiment tout le temps et nous offre de longs plans séquence assez statiques à peine rythmés et naturels, autour d’un couple faussement branché, paumé et bourré. Bref, on n’est pas loin du niveau d’un téléfilm aussi léger qu’absurde qui ne veut surtout pas se prendre au sérieux et qui finit en happy end un peu trop simpliste pour être probant. En revanche, il y a une chose sur laquelle on est d’accord avec lui : Montmartre, filmé sous toutes ses « coutures », est vraiment un quartier à la fois très photogénique et follement poétique.

C.LB



 
 
 
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