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La loi de Téhéran

Sortie  le  28/07/2021  

De Saeed Roustayl avec Payman Maadi, Navid Mohammadzadeh, Parinaz Izadyar, Farhad Asiani, Ali Bagheri et Houman Kiai


En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort.
Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé.
Au terme d'une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K.
Alors qu’il pensait l'affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure...


Du rythme et de l’action d’entrée de jeu, et pas une minute de répit pendant plus de 2h : voilà un polar social plutôt tendu qui bouge quasiment tout le temps, sans aucun compromis ni de bons sentiments à la clé, avec un côté un peu crade (comme si ça sentait la « merde ») et assez dur et brusque dans sa manière de faire, voire même assez musclé et brutal comme on n’a pas l’habitude de le voir au cinéma (ici, pas de manichéisme à la manière américaine !), le tout soutenu par un scénario bien ficelé, un casting à la hauteur, une caméra toujours en mouvement, des décors dépaysant et une langue rarement entendue dans ce genre de film. Bref, il y a là de quoi découvrir la dure réalité qui règne à Téhéran comme (as)sûrement ailleurs en Iran !
Ce ne sont pas les mêmes codes ni les mêmes règles en vigueur que l’on peut voir chez nous, c’est sûr, où les arrestations se font en masse, enfermés pour ne pas dire entassés là où il reste encore un peu de place (leurs cellules de détention sont surpeuplées), où les interrogatoires se font « manu militari », menés sans beaucoup de ménagement envers les suspects, où les prisonniers, parfois des enfants, se font condamnés au lieu de leur père qui les obligent quasiment à payer pour leurs fautes commises. En résumé, on ne fait pas dans la dentelle lorsque l’on doit imposer une loi – et même plusieurs – dans un pays gangréné notamment par la corruption et le trafic de drogue à grande échelle.
Pour démanteler un gros réseau et arrêter tous ceux – et surtout leur chef qui « a un nom mais pas de visage » - impliqués dans ce commerce illicite, passible de la peine capitale, rien ne va arrêter un flic ambigu (entre ombre et lumière), plus ou moins « mouillé » dans diverses affaires de saisies, pas même des moyens certes complexes mais pas très orthodoxes pour y arriver (du moins, à ses fins). C’est une production efficace, aussi puissante qu’impressionnante, particulièrement enlevée et haletante, à laquelle nous sommes conviés, portée par un réalisateur brillent à suivre (Saeed Roustayl), des dialogues percutants qui vont et viennent presque du tac-au-tac, ainsi que par des acteurs, en majorité mâle, tous excellents (en autres le charismatique baron de la drogue, sorte d’Escobar iranien, et le juge expéditif),
Ce n’est donc pas une surprise si ce jeu du chat et de la souris à la sauce dramatique a remporté le Grand Prix 21 et celui de la Presse au dernier festival du film policier, amplement mérité…

C.LB



 
 
 
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