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True mothers

Sortie  le  28/07/2021  

De Naomi Kawase avec Arata Lura, Hiromi Nagasaku, Aju Makita, Taketo Tanaka et Miyoko Asada


L'histoire d'un jeune couple, Satoko et son mari Kiyokazu vivants heureux à Tokyo, qui, après une longue et pénible expérience du traitement de l’infertilité, ont choisi de passer par l'adoption pour avoir leur propre enfant auprès d’une jeune fille de 14 ans. Six ans après avoir adopté un petit garçon dénommé Asato, ils reçoivent un appel téléphonique menaçant d'une femme nommée Hikari, qui prétend être la mère biologique de l'enfant et qui est prête à leur extorquer de l'argent à tout prix afin de récupérer l’enfant.

Un simple incident survenu à la maternelle – « une histoire entre gosses à priori pas grave, bref, pas de quoi se laisser abattre ! » - et voilà que défilent d’un seul coup, sous forme de longs flash-back, les souvenirs aussi bien de la vraie mère que de celle adoptive vis-à-vis de cet enfant qu’elles considèrent « légitime » et qu’elles chérissent chacune à leur manière, la première malgré la séparation forcée avec son bébé à peine né et la seconde autant que si c’était le sien, sorti de son propre ventre. La remise en question se pose pour l’une comme pour l’autre et, notamment, pour cette famille adoptive - et surtout pour la nouvelle « vraie maman » -, entre les réactions de cette dernière puis les sentiments de la jeune fille/mère biologique, encore écolière lorsqu’elle a accouché à l’âge de 14 ans.
Le scénario raconte pendant 2h10 le destin croisé de ses 2 mères plutôt fortes autour d’une grossesse puis d’une adoption et enfin d’un « chantage » quelques années plus tard, qu’elles vont s’efforcer de régler de la façon la plus simple voire évidente qui soit, surtout pour l’adorable bambin qui est en jeu, au cœur du problème. L’émotion est ici à fleur de peau, presque palpable, ainsi que la sensibilité – et un peu de mélo et de sensiblerie aussi – qui émane de chacun(e) des deux protagonistes, le tout tourné au plus près des actrices/acteurs et de leurs faits et gestes, caméra HD à la main qui filme dans l’intimité et sur le vif. La nature environnante (forêt, arbre, paysage, mer) n’est pas en reste, donnant une douceur ambiante à l’ensemble de cette production.
Grâce à un montage à la fois habile et astucieux (oscillant entre le présent et le passé), la réalisatrice japonaise Naomi Kawase (La forêt de Mogari ; Still the water ; Vers la lumière ; Voyage à Yoshino) aborde une introspection contemplative autour de la cellule familiale et cela à travers l’histoire profonde, mâtinée de suspense, de comment être et/ou devenir (une bonne) mère, quelque soit l’âge, l’expérience (l’infertilité, la grossesse chez les mineurs) et les perspectives à avoir. Bref, une ode toute en pudeur, à la fois délicate, bienveillante et émouvante, à la vie dans toute sa splendeur et à la parentalité dans son implication de tous les instants…

C.LB



 
 
 
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