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Mission paradis

Sortie  le  27/01/2021  

De Richard Wong avec Grant Rosenmeyer, Hayden Szeto, Ravi Patel, Gabourey Sidibe, Janeane Garofalo, C.S. Lee et Kari Perdue


Trois jeunes adultes décident de partir dans une aventure rocambolesque pour connaitre leur première fois dans une maison close de Montréal. Rien ne pourra faire capoter la mission, pas même leur handicap…

On aurait pu très bien rajouter Mission au Château Paradis mais cela n’aurait pas servi à grand-chose de plus dans ce remake du film belge/flamand intitulé Hasta la vista et sorti chez nous en 2012. Quoi qu’il en soit, c’est du pareil au même côté scénario sauf qu’au lieu de se passer en Europe via l’Espagne, c’est transposé cette fois aux Etats-Unis direction le Québec et, pour être encore plus précis, la ville de Montréal. Le principe de cette comédie, plus ou moins dramatique mais néanmoins jubilatoire, est d’être tiré d’une histoire vraie, celle de 3 handicapés - ici, un paraplégique, un bigleux (plus qu’aveugle) d’origine indienne et un paralysé des jambes sino-américain – qui, totalement vierges en la matière sexe ou, si vous préférez, en ce qui concerne la question de la première expérience sexuelle déjà réalisée, ne sont pas des « cas » désespérés et non-diminués puisque débrouillards à plus d’une occasion rencontrée !
En effet, ce trio a décidé de « s’envoyer en l’air » une bonne fois pour toute dans un bordel « légal » - pour des « gens comme eux » - et rien ne semble pouvoir les arrêter, pas leur envie bien chevillée au corps (et pour cause !), pas leur détermination à faire une « excursion », un pèlerinage entre potes, et même pas leurs parents respectifs. Mais pour que ça se concrétise, il faudra parcourir 3000 km sans que ces derniers ne l’apprennent, et cela ne va pas se faire sans quelques péripéties à la fois comiques et loufoques lors d’un voyage aussi mouvementé qu’initiatique pour chacun d’entre eux, loin de maman & papa, des hôpitaux et des médecins. Bref, un road-trip pour des « niaiseux » en mal de nouvelles sensations fortes, un moyen comme un autre de s’échapper de leur routine quotidienne !
Il va s’en dire que cette production indépendante plutôt légère et fantaisiste a gardé un semblant de moralité ambiante, ainsi qu’une certaine dignité visuelle pour cause de politiquement correct, mentalité US – et grand public - oblige ! Tout a été respecté à la lettre, autant le quota de minorités existantes représentées à l’écran (un blanc, un hindou, un asiatique et une afro-américaine) que le nombre de dialogues n’utilisant pas trop de mots grossiers, excepté peut-être un rap et encore. Pas non plus d’images dénudées, graveleuses ou bien salaces, juste un « feel-good movie » pour des intouchables en fauteuil roulant et canne blanche qui veulent « se déniaiser » l’esprit – et le reste - en charmante compagnie, avec des acteurs savoureux au possible (un satisfecit tout particulier à Grant Rosenmeyer, vu entre autres dans La famille Tenenbaum, Money monster et dans diverses séries télévisées américaines).
« Come as you are » (c’est le titre original) : donc, venez comme vous êtes pour rire avec n’importe quelle forme de handicap dans ce cinéma drolatique et décomplexé, sans tabou, ni chichi et encore moins de prétention d’aucune façon avec, à la clé, une BO riche en bonnes vieilles chansons « françaises » (notamment, Non non, rien n’a changé des Poppys et Le premier bonheur du jour de Françoise Hardy, ici reprise dans notre langue par une autre artiste qu’elle)...

C.LB



 
 
 
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