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Promising young woman

Sortie  le  17/02/2021  

De Emerald Fennell avec Carey Mulligan, Laverne Cox, Bo Burnham, Alison Brie, Connie Britton, Jennifer Coolidge et Max Greenfield


Tout le monde s’entendait pour dire que Cassie était une jeune femme pleine d’avenir…jusqu’à ce qu’un évènement inattendu ne vienne tout bouleverser. Mais rien dans la vie de Cassie n’est en fait conforme aux apparences : elle est aussi intelligente que rusée, séduisante que calculatrice et mène une double vie dès la nuit tombée. Au cours de cette aventure passionnante, une rencontre inattendue va donner l’opportunité à Cassie de racheter les erreurs de son passé.

« Jeune fille prometteuse » : de ce titre aussi étrange qu’énigmatique, se distingue le portrait tout en nuance et on ne peut particulier voire carrément singulier d’une femme très loin des profils habituellement proposés et dépeints au cinéma. En effet, celle-ci, âgée d’une trentaine d’années, vit encore chez ses parents, travaille dans un café, drague ouvertement et de manière impénitente, collectionne les hommes à travers des aventures sans lendemain, leur faisant croire qu’elle est bourrée limite soule pour mieux les appâter, les manipulant à sa guise et sans vergogne tout en tenant un petit carnet de notes façon « conquêtes » d’un soir, comme les hommes aiment si souvent le faire envers la gente féminine.
De ce constat d’entrée de jeu, on ne peut que se poser les questions : que veut-elle, pourquoi agit-elle de la sorte, pour quelles raisons précises et dans quel but ? Du mépris pour les mâles prédateurs qui avilirent les femmes, une espèce de divertissement futile histoire de faire exactement comme la race masculine tout en adoptant leurs méthodes de séduction, ou bien une question de vengeance profondément enfouie dans ses souvenirs, sa mémoire ou alors son (sub)conscient ? Il y a ici un peu de tout cela à la fois sans vraiment savoir sur quel pied danser avec ce « type » de demoiselle ! Néanmoins, on ne peut qu’être attiré par cette manipulatrice assumée qui sème le doute, l’appréhension, la tristesse et même le désarroi chez toutes celles et tous ceux qui ont la chance ou le malheur de croiser son chemin.
Loin d’être une comédie sentimentale aussi frivole que bienveillante, ce drame sous-jasang, pardon, jacent d’un nouveau genre, est d’une efficacité redoutable, alliant raisonnement plein de perspicacité et de justesse, et réflexions intellectuelles non dénuées de bon sens ni de subtilité, quelque soit la situation rencontrée. Pour incarner cette femme « fatale » d’un style inattendue, tour à tour cinglante et déboussolée , cynique et instable, docile et rancunière, l’anglaise Emerald Fennell (actrice dans Albert Nobbs, The danish girl, Pan, Vita & Virginia et la série The crown ; scénariste et réalisatrice de Killing Eve) a choisi Carey Mulligan (Orgueil et préjugés, Une éducation, Drive, Shame, Gatsby le magnifique, Inside Llewyn Davis, Les suffragettes, Mudbound) pour incarner cette « fouteuse de m.... » chiffonnée et un peu folle, en quête de justice autant pour son amie disparue que pour elle-même. Elle a enclenché pour ne pas dire déclenché la machine et rien ne pourra plus l’arrêter.
Difficile de cataloguer ce film fort « prometteur » qui s’inscrit d’emblée dans une catégorie « à part », dans la lignée des productions indépendantes qui réfléchissent et changent la donne narratrice, loin des stéréotypes et autres clichés servis régulièrement par certains distributeurs avides de longs métrages formatés et sans jugeote....

C.LB



 
 
 
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