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Les traducteurs

Sortie  le  29/01/2020  

De Régis Roinsard avec Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Riccardo Scamarcio, Sidse Babett Knudsen, Eduardo Noriega, Alex Lawther, Anna Maria Sturm, Frédéric Chau, Maria Leite et Sara Giraudeau


Isolés dans une luxueuse demeure sans aucun contact possible avec l'extérieur, neuf traducteurs sont rassemblés pour traduire le dernier tome d'un des plus grands succès de la littérature mondiale. Mais lorsque les dix premières pages du roman sont publiées sur internet et qu'un pirate menace de dévoiler la suite si on ne lui verse pas une rançon colossale, une question devient obsédante : d'où vient la fuite ?

Un thriller presque en huis clos à la manière des « 10 petits nègres » d’Agatha Christie mais sans meurtre, du moins, pas tout de suite ! Un « péril en la demeure » en forme de prison dorée où les un.e.s comme les autres cohabitent ensemble dans une sorte de bunker, un « isolement agréable » où il faut respecter des règles très strictes pour ne pas dire draconiennes – ils sont en « conditions secrètes » de travail - sous peine de réactions et autres sanctions immédiates. Un groupe certes assez homogène mais très disparate tout de même, composé d’un français, d’un belge, d’un anglais, d’un italien, d’une espagnol, d’un chinois, d’une russe, d’un grec, d’une allemande et d’une danoise. Et tout ce beau monde va devoir rester enfermé pendant 2 mois pour le meilleur mais aussi pour le pire !
Ce pitch a vraiment de quoi attirer l’attention, du moins, aiguiser la curiosité, d’autant qu’il est monté comme une machination bien orchestrée au mécanisme machiavélique et diabolique, huilé à souhait, une espèce de vengeance rondement menée où rien n’est été négligé ni oublié et encore moins laissé au hasard, que ce soit la mise en scène qui va et vient dans le passé, le présent et le futur par petites brides de saynètes explicatives, les personnages tous plus ou moins capables de « semer la discorde » entre eux, et le final surprenant qui donne toute sa profondeur et sa dimension à cette histoire pour le moins implacable.
Et dire que c’est un français qui a scénarisé et réalisé cette fiction, Régis Roinsard, responsable de la très remarquée comédie romantique Populaire (son 1er et précédent film sorti en 2012), certes avec quelques petites maladresses ici et là (un ton un peu trop littéraire, des dialogues trop écrits, trop lus voire trop récités surtout avec l’emploi de citations et d’extraits de livres ; un manque de fluidité et de naturel parfois chez certains protagonistes ; un oubli de changement au niveau des vêtements que l’on voit portés constamment) mais un montage aussi astucieux qu’original, un casting européen éclectique tout à fait à la hauteur (entre autres Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Sidse Babett Knudsen – vue dans L’hermine et La fille de Brest -, Eduardo Noriega – aperçu notamment dans L’échine du diable, La belle et la bête, et Nos amants -, Alex Lawther – présent dans Imitation game, The end of the f...ing world et The french dispatch -, Frédéric Chau – Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu 1 & 2 -, et Sara Giraudeau), et un dénouement inattendu qui clôt ce film franchement ambitieux où le coupable n’est pas toujours celle ou celui que l’on croit....

C.LB



 
 
 
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