en 
 
 
cinema

 
 

Le meilleur reste à venir

Sortie  le  04/12/2019  

De Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière avec Fabrice Luchini, Patrick Bruel, Martina Garcia, Thierry Godard et Zineb Triki


Suite à un énorme malentendu, deux amis d’enfance, chacun persuadé que l’autre n’a plus que quelques mois à vivre, décident de tout plaquer pour rattraper le temps perdu.

Le tandem de réalisateurs, producteurs et scénaristes, Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, avait réussi le formidable pari de réussir autant leur pièce écrite à 2 mains et intitulée Le prénom, que son adaptation au cinéma. Fort de ce succès en duo, ils réitèrent l’expérience toujours à 2 avec cette fois uniquement une mise en scène cinématographique, à nouveau interprétée par Patrick Bruel, déjà bien présent dans leur précédent long-métrage et ici dans un rôle de beau dragueur impénitent, d’inconstant notoire, de profiteur affirmé, d’irresponsable patenté et de têtu absolu.
Face à lui, un acteur de la même trempe et non des moindres ou moins connu, Fabrice Luchini, au jeu tout aussi puissant et maîtrisé que le sien - donc on ne peut plus « bankable » -, pour jouer son « total » opposé à l’écran, un chercheur à l’Institut Pasteur divorcé, sérieux comme un pape, très cheval sur les principes et autres civilités, pas menteur pour 2 sous, limite obséquieux comme ce n’est pas permis. Bref, ensemble, ils sont liés d’une amitié solide et indéfectible depuis très longtemps (ils se sont connus au pensionnat !), soudés comme les 2 doigts de la main. Suite à une radiographie révélatrice du « mal du siècle » et un quiproquo monté en épingle, ils vont tout entreprendre, notamment les choses qu’ils n’ont jamais réussi à faire, afin de lâcher prise, de pimenter leur existence et d’en profiter une toute dernières fois.
Si l’idée est plutôt plaisante (le principe de la confusion entre proches a souvent été source de scénarios très attrayants), servie par des dialogues bien tournés et des réactions parfaitement compréhensibles pour l’un comme de l’autre d’ailleurs, on a un peu plus de mal à être convaincu par l’assemblage et le jeu de nos 2 protagonistes principaux. Autant Bruel force le trait, en roue libre à souhait et excessif en tout point – sa tirade ! - dans la peau d’un cinquantenaire resté tel un enfant turbulent, autant Luchini semble s’effacer complètement devant l’agitation du premier, le verbe lent, l’expression taciturne, le rictus triste et le regard absent.
Dans cette comédie douce-amère, on aurait aimé pouvoir croire à l’alchimie à travers cet attachement de longue date, qui sonne parfois un peu faux, alors que tout, vraiment tout, les sépare. Bref, l’histoire n’est pas suffisamment crédible ni drôle pour être entièrement prenante même pendant 2 heures, d’autant que les cinéastes ont « recyclé », pardon, réutilisé le même genre de décor intérieur que celui du Prénom (à la fois dans la pièce et le film), vous savez ce type d’appartement ancien et vaste où tout se recentre sur une seule pièce, le salon et, bien évidemment, autour de son canapé, objet indissociable à des révélations dont certaines pouvant finir dans la discorde de façon houleuse ! Même les déplacements entre Paris, Biarritz et l’Inde ne changent pas grand-chose à la donne : quand c’est (trop) gros, ça passe pas ou alors très très difficilement....

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique