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My beautiful boy

Sortie  le  06/02/2019  

De Felix Van Groeningen avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Jack Dylan Grazer, Maura Tierney, Kaitlyn Dever, Timothy Hutton et Andre Royo


Pour David Sheff, la vie de son fils, Nicolas, un jeune homme brillant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, était déjà toute tracée : à ses 18 ans, Nic était promis à une prestigieuse carrière universitaire.
Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, Nic est devenu accro à la méthamphétamine et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance.
Réalisant que son fils et devenu avec le temps un parfait étranger, David décide de tout faire pour le sauver. Se confrontant à ses propres limites mais aussi celles de sa famille aisée.


Quoi qu’on puisse dire ou entreprendre, on ne peut pas aider voire sauver quelqu’un contre sa volonté, même avec tout le courage du monde et toute l’énergie et la détermination pour ne pas dire l’opiniâtreté - souvent à la limite de l’acharnement -, bref, après avoir tout essayé pour qu’il se tire d’un mauvais pas dans lequel il se serait mis ! Pour ce qui nous concerne ici, qu’il s’en sorte – de la drogue (du « crystal meth », la plus redoutable et la plus violente !) - après l’en avoir dissuadé de plusieurs façons possibles ou, si vous préférez, l’empêcher de recommencer d’agir de la sorte une bonne fois pour toute, arguments sans équivoque, explications imparables, résolutions fermes, cures de désintox et rechutes inévitables à la clé !
Alors quand le fils à la gueule d’ange (interprété par l’excellent Timothée Chalamet qui s’est fait la tête de l’emploi, celle d’un addict défoncé, vu notamment dans Interstellar, Lady bird, Hostiles, et surtout Call me by your name) de ce père aimant mais bouleversé (joué par le formidable Steve Carell qui change radicalement de registre dit « comédie » ces temps-ci comme dans le drame Bienvenue à Marwen sorti récemment), qui l’a élevé le mieux qu’il puisse le faire malgré son divorce et son remariage, se retrouve confronté à ce cas de figure d’« intoxiqué » notoire, pour le moins difficile presque insurmontable à gérer, comment ne pas vouloir au bout d’un moment de désespoir, baisser les bras face à son impuissance à le résonner et le guérir, lorsque tous vos propos et toutes vos actions pour le soutenir comme le secourir ne servent strictement à rien, ne semblent n’avoir plus aucune prise ni aucun impact et encore moins d’effet sur ce dernier, lui qui vit dans le déni le plus complet ?
Adapté du best-seller éponyme du journaliste David Sheff sur l’histoire véridique de son propre fils qui en a fait également un livre, Tweak, dont on retrouve d’ailleurs ici quelques éléments, ce film dramatique du belge Felix Van Groeningen (La merditude des choses ; Alabama Monroe) est on ne peut plus convaincant, grave, émouvant, poignant et tourmenté à plus d’un titre, grâce surtout à son casting aussi impeccable qu’inspiré, son montage sous forme d’incessants flash-back fort astucieux (qui prouve la complicité intense qui a pu exister entre le père et son fils), et sa BO rock de circonstance (John Lennon ; Everything But The Girl ; Neil Young ; Sigur Ros ; John Zorn...) qui ponctue l’ambiance émouvante générale, parfois planante, parfois tendue, parfois aimante, parfois désespérée.
Si certaines longueurs se font ressentir, c’est pour mieux montrer tous les aspects psychologiques par les quels ils passent et dans lesquels ils sont plongés l’un comme l’autre, dans quelle situation certes complexe mais lancinante (sur une période de 10 ans) se retrouvent principalement nos 2 « héros » face à cette « merde », l’un en plein désarroi cherchant une échappatoire à son mal-être, du bien-être donc et de la plénitude coûte que coûte en s’évadant par n’importe quel moyen et autre prétexte, et l’autre sincèrement inquiet et désemparé comme dépité, ne sachant pas comment essayer « plus que tout » de le sortir de ce calvaire afin qu’il ne replonge pas indéfiniment voire même définitivement, tentant pourtant de lui faire confiance mais avec des preuves à l’appui...

C.LB



 
 
 
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