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Sicario 2 : la guerre des cartels

Sortie  le  27/06/2018  

De Stefano Sollima avec Benicio del Toro, Josh Brolin, Isabela Moner, Carherine Keener, Jeffrey Donovan, Matthew Modine et Manuel Garcia-Rulfo


Les cartels mexicains font régner la terreur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Rien ni personne ne semble pouvoir les contrer. L'agent fédéral Matt Graver fait de nouveau appel au mystérieux Alejandro pour enlever la jeune Isabela Reyes, fille du baron d'un des plus gros cartels afin de déclencher une guerre fratricide entre les gangs. Mais la situation dégénère et la jeune fille devient un risque potentiel dont il faut se débarrasser. Face à ce choix infâme, Alejandro en vient à remettre en question tout ce pour quoi il se bat depuis des années…

Il était normal pour ne pas dire évident qu’après le grand succès du 1er volet de Sicario sorti en 2015, on allait avoir le droit à une suite prenante, toujours autant pleine d’action haletante – et cela dès le début - que de suspense soutenu – qui (sur)vivra ? - avec pratiquement les mêmes protagonistes principaux que précédemment. A l’exception notoire de l’actrice Emily Blunt ainsi que du réalisateur canadien Denis Villeneuve, il y a toujours le mystérieux et froid Benicio del Toro à la dégaine de consultant militaire énigmatique, pardon, de flingueur mal dégrossi, l’agent aguerri Josh Brolin et sa manière bien à lui de traiter les missions, tous les 2 avec la même force de caractère et la même puissance de jeu au cinéma (des durs à cuire sans état d’âme ni règles, à qui ont ne la fait pas ou, du moins, plus !), sans oublier l’arrivée du réalisateur italien Stefano Sollima (les séries télévisées Romanzo criminale et Gomorra) qui à l’écran n’a pas son pareil pour dépeindre d’une manière réaliste les ambiances de polar urbain (ACAB) ou bien alors mafieuses (Suburra).
Et le résultat de ce 2ème chapitre ne se fait pas attendre plus longtemps, dans la continuité, tout aussi passionnant et palpitant qu’auparavant ! Entre surveillance, recrutement, logistique, pistage, verrouillage, embuscade, extraction, manipulation, escamotage, interventions précises, représailles musclées, attaques sanglantes (bien armées et pas de quartier !), liquidation parfois totale et nettoyage complet, c’est une intrigue scénaristique on ne peut plus efficace et tendue, avec des ramifications particulièrement haut placées et des opérations soi-disant sous le couvert du gouvernement fédéral, prêt à couper les ponts à la moindre occasion en sacrifiant ces hommes sur place, des tueurs à gages (sicario = sicaire) sans aide et « libres » de toute contrainte pour le bon maintien de l’ordre public, diplomatique et politique, notamment entre 2 pays !
Pas la peine d’attendre une quelconque remise en question de chacun d’entre eux – et elles -, malgré le fait que leurs convictions sont très voire trop souvent soumises à dure épreuve, espérant pouvoir s’en sortir tant bien que mal dans ce milieu hostile (ici, des cartels rivaux qui contrôlent la frontière et leurs migrants), le tout sur fond de vengeance personnelle ! Bref, ça ne bluffe pas, surtout quand des terroristes se font explosés dans un supermarché (non, pas un U !), que la fille d’un trafiquant mexicain se fait kidnapper (excellente Isabela Moner, vue dans Transformers – the last knight), et quand la police corrompue s’en mêle (échange de coups de feu durement nourris) ! On doit ce petit bijou narratif à Taylor Sheridan, déjà responsable du scénario léché du premier Sicario, ainsi que ceux de Comancheria et de Wind river (qu’il a d’ailleurs réalisé). En résumé, ce drame policier intense, sec, lourd, hargneux, violent, « sans (réelle) moral ni (véritable) bavure », tient la route, ne manquant vraiment pas d’atouts, de piments et d’émotions (tout de même !) pour en captiver plus d’un(e) durant cet été et même bien après....

C.LB



 
 
 
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