en 
 
 
cinema

 
 

Les heures sombres

Sortie  le  03/01/2018  

De Joe Wright avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Lily James, Ben Mendelsohn, John Hurt, Stephen Dillane et Ronald Pickup


Darkest Hour/Les heure sombres s'intéresse à une partie de la vie de Winston Churchill, à partir de mai 1940, lorsqu'il devient Premier ministre en pleine Seconde guerre mondiale.

Il existe des réalisateurs qui méritent une attention vraiment toute particulière, surtout lorsqu’ils mettent en scène de véritables chef-d’œuvre cinématographiques, des petits bijoux d’émotions et de délicatesse sur pellicule ! Le britannique Joe Wright (Le soliste ; Hanna ; Pan) fait partie de ceux-là, lui qui est notamment très porté sur les films d’époque en costumes et une belle reconstitution en prime. Avec Anna Karénine, il dépeignait la Russie au début du 19ème siècle, avec Orgueil et préjugés, l’Angleterre à pratiquement la même époque, et avec Reviens-moi, le même endroit pendant la période de la 2ème guerre mondiale. C’est donc tout naturellement qu’il nous propose cette fois un biopic sur Winston Churchill à un moment donné voire clé, lors de ce conflit, pendant le mois de mai 1940 alors que l’Angleterre s’apprête à entrer en guerre contre l’Allemagne.
Il apporte ici un soin tout particulier, images d’archives à l’appui et beaux cadrages compris, à ce qui s’est déroulé durant ce mois décisif, autour des manœuvres politiques, des décisions prises et autres discours prononcés par cet « alcoolique » (un vrai rôle de composition !) complexe, au bilan catastrophique et à la position instable, à la fois rude, grossier et autoritaire (il tyrannise sa gentille secrétaire) mais brillant, charismatique et plein d’esprit, tour à tour flatteur et blessant, devenu 1er ministre sur le tard (à 65 ans) au sein d’un parlement britannique déchiré en quête d’un « homme d’une force nouvelle que l’opposition validera », alors qu’il doit se décider sur le fait soit d’engager des pourparlers de traité de paix avec Hitler par l’intermédiaire d’un médiateur, l’Italie de Mussolini, alors que l’Europe de l’Ouest en pleine débâcle s’effondre, soit alors lui déclarer purement et simplement la guerre et engager son pays, déjà dans une situation désespérée, à travers des mois de souffrance, de terreur et de lutte sans merci (le célèbre « we shall never surrender - nous ne nous rendrons jamais », clamé haut et fort à la chambre des communes le 4 juin 1940), le tout au prix de sacrifices autant économiques qu’humains. Bref, une tâche immense à remplir, et cela malgré un certain mépris rencontré de la part de beaucoup de ces détracteurs (et même du roi George VI plutôt sceptique à son égard) alors qu’il doit faire face à plusieurs de ces rivaux qui complotent et manigancent derrière son dos !
Pour interpréter cette volonté de fer alors que l’heure est grave et « porter tout le poids du monde sur ses épaules », Joe Wright a choisi l’excellent Gary Oldman (Sid & Nancy ; Dracula ; JFK ; Léon ; True romance ; Le 5ème élément ; Air Force One ; La taupe), réputé pour la polyvalence de ses prestations et capable à bien des transformations autant physiques (mimétisme et prise de poids incroyables cette fois !) que vocales (c’est flagrant ici, mâchouillant ses mots comme ses cigares !) mais néanmoins reconnaissable à son regard toujours aussi malicieux, un brin espiègle voire moqueur sur les bords. Rien que pour ses nombreux rôles passés et cités précédemment, plus celui-là pour le moins imposant et captivant (réelle performance d’acteur à plus d’un titre !), il devrait à coup sûr remporter à nouveau un certain nombre de récompenses (il en a déjà reçu pas mal !) et de statuettes bien méritées (par exemple, un Oscar en mars prochain ?).
Vampirisant l’écran pendant plus de 2 heures (normal, après avoir joué le vampire Dracula chez Coppola !), il laisse malheureusement peu de place à ses autres partenaires pourtant parfaits, que ce soit Kristin Scott Thomas en épouse compréhensive au soutien indéfectible et tout en cheveux blancs, Stephen Dillane (The crown ; Tunnel) en vicomte d’Halifax qui lui met bien des bâtons dans les roues, ou bien Lily James (Guerre et paix ; Baby driver) en secrétaire infatigable qui a des petits airs de Keira Knightley jeune. En résumé, un superbe drame historique qui pourrait très bien se situer entre ou, du moins, s’affilier avec Le discours d’un roi et Dunkerque, tant ses 2 films ne sont pas loin d’être référencés en filigrane et à plusieurs reprises....

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique