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A most violent year (sur OCS)
Sortie
le 28/06/2026
De J.C. Chandor avec Oscar Isaac, Jessica Chastain, Albert Brooks, David Oyelowo, Alessandro Nivola et Elyes Gabel (les 28/06 + 04, 06, 16 et 20/07)
New York - 1981. L'année la plus violente qu'ait connue la ville. Le destin d'un immigré qui tente de se faire une place dans le business du pétrole. Son ambition se heurte à la corruption, la violence galopante et à la dépravation de l'époque qui menacent de détruire tout ce que lui et sa famille ont construit.
Pour une fois qu’un film américain du style thriller ou polar ne baigne pas dans les clichés habituels, que ce soit le traditionnel trafic ou bien l’éternel vol de dollars, de cocaïne ou alors d’armes, mais plutôt dans celui de fuel – oui, vous avez bien lu, de fuel ! -, c’est l’occasion de s’y pencher un peu plus et de voir de quoi il en retourne ! Car il s’agit d’assister ici aux différentes transactions, malversations, avertissements, manipulations, accusations et autres divers moyens de corruption autour d’un entrepreneur pour le moins honnête et sérieux au sein de son entreprise certes plutôt saine mais néanmoins vulnérable, celle d’un homme d’affaires propre et sans tâche, bref, respectable mais qui semble avoir enfreint la loi, du moins soupçonné d’irrégularités du type escroquerie et fraude fiscale. Passée une première demi-heure on ne peut plus posée, calme et nonchalante, ayant du mal à trouver ses marques, on commence à voir se dessiner petit à petit une intrigue soutenue qui nous tient en haleine jusqu’au bout, portée par un casting aussi surprenant qu’inattendue. En effet, on découvre un Oscar Isaac (Che 1ère partie ; Agora ; Drive ; Jason Bourne : l’héritage ; Inside Llewyn Davis ; The two faces), sorte d’Al Pacino jeune mais avec les yeux de cocker à la Sarkozy, en homme d’affaires ambitieux, –- un peu trop - cordial avec tout le monde, même – trop - bienveillant avec son personnel, qui mène son enquête tel un justicier sans haine ni violence et encore moins d’arme ; une Jessica Chastain (The tree of life ; La couleur des sentiments ; Zero dark thirty ; Mademoiselle Julie ; et dernièrement Interstellar), méconnaissable en épouse blonde avec des petits airs de Daryl Hannah (souvenez-vous de Splash, Wall Street, La famille Adams, et Kill Bill 1 & 2 !), une femme énergique et décisionnaire qui prend les devants pour selon ses dires « se protéger » et cela de manière plutôt expéditive (elle a réussi même à détourner beaucoup d’argent de la société à la barbe de son mari) ; et enfin un Albert Brooks (Taxi driver ; Tendres passions ; Hors d’atteinte ; Espion mais pas trop) en avocat qui essaye au mieux d’arrondir les angles. On n’attendait donc pas vraiment tout ce beau monde dans des rôles pareils et aussi singuliers ! On doit cette histoire d’isolement particulièrement pertinente et humaniste au réalisateur américain J. C. Chandor (Margin call ; All is lost) qui donne lui aussi l’impression d’être friand de scénario plus ou moins détonnant et parfois virulent à une période difficile précise ou à un moment délicat donné, comme l’avait déjà été d’ailleurs ses 2 précédentes mises en scène citées ci-dessus. En résumé, on ne se s’ennuie pas devant cette défaillance d’ordre professionnel qui vire rapidement aux combats et tourments ambigus, croisés de dilemmes et sacrifices moraux, de plus de 2 heures, d’autant que la reconstitution d’une ville entre le déclin et la renaissance est méticuleuse (décors et lieux appropriés avec des costumes raffinés et des voitures élégantes de circonstance), et la BO bel et bien d’époque (avec un tube de Marvin Gaye en guise de générique de début). Que demander de plus ?
C.LB
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