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Un plan parfait (sur OCS)
Sortie
le 19/05/2026
De Pascal Chaumeil avec Diane Kruger, Dany Boon, Alice Pol, Robert Plagnol, Jonathan Cohen, Bernadette Le Sache et Etienne Chicot (les 19 et 25/05)
Pour contourner la malédiction qui anéantit tous les premiers mariages de sa famille, Isabelle a une stratégie pour épouser l'homme qu'elle aime : trouver un pigeon, le séduire, l’épouser et divorcer. Un plan parfait si la cible n’était l'infernal Jean-Yves Berthier, rédacteur pour un guide touristique, qu'elle va suivre du Kilimandjaro à Moscou. Un périple nuptial pour le meilleur et surtout pour le pire.
C’est qu’on l’attendait au tournant, le réalisateur Pascal Chaumeil, avec son 2ème film, lui qui nous avait enthousiasmé et même enchanté avec son premier long métrage, L’arnacoeur ! Pas facile de trouver après cela un bon sujet (qu’il n’a pas choisi et encore moins le casting qui va avec !) qui va attirer à nouveau le public et faire mentir tous ces pessimistes quand aux possibilités de réitérer le même succès ! Reprendre 2 acteurs ultra « bankables » comme il l’avait fait avec Vanessa Paradis et Romain Duris - cette fois ce sont Diane Kruger et Dany Boon qui s’y collent -, est déjà un gage de réussite (certain), refaire une comédie romantique n’a rien de déplaisant, bien au contraire, et nous proposer de voyager un peu autour du monde, histoire de pimenter le tout, pourquoi pas ! Maintenant, il ne reste plus qu’à trouver un scénario solide qui tienne bien la route sans trop ressembler au précédent (bien que sur ce point…), capable de réunir tous les mêmes, pardon, tous les meilleurs ingrédients possibles afin que le soufflé prenne. L’introduction, un réveillon familial qui lance le pitch à venir, a tout pour nous mettre l’eau à la bouche : un rythme enlevé, des dialogues au taquet et des personnages croustillants. C’est malheureusement après que ça se gâte un peu ! D’abord, Dany Boon que l’on voit arriver de très (trop) loin avec sa tête d’éternel crédule, son attitude perpétuellement maladroite et ses mimiques infernales bien connues. Si on ne doit pas s’ennuyer avec lui grâce à sa vie trépidante qui sort quelque peu de l’ordinaire (mais où trouve-t’il les moyens de financer de pareilles « expéditions » et de telles « surprises » ?), il en fait vite beaucoup pour ne pas dire trop dans une tonalité exagérée et un comportement excessif, débitant son texte à la mitraillette. De son côté, Diane Kruger n’est guère mieux d’autant que c’est une première pour elle dans le registre de la comédie sentimentale, s’y prenant assez mal à travers un jeu de manipulatrice appuyé et à force de minauder souvent, certes moins à l’aise que son fameux partenaire dans le répertoire dit comique mais néanmoins capable de lui tenir « tête » sans trop de casse à l’arrivée. Bref, le « couple » assez mal dirigé fonctionne à moitié. Et ne parlons pas des seconds rôles, pour la plupart inégaux (une jeune sœur, Alice Pol, grimaçante au possible ; un beau-frère, Jonathan Cohen, énervant à plus d’un titre, à la limite de nous exaspérer parfois au plus haut point), à part Etienne Chicot dans le rôle du père, toujours impeccable et juste. En ce qui concerne l’histoire, c’est une autre affaire, un tant soit peu tirée par les cheveux, au point de tomber quasiment tous (il faut voir le film pour comprendre !). Cette idée de « miracle de l’amour »...plutôt aveugle (mais pas beaucoup celui de l’humour ni du calembour – que des gags pour la plupart éculés et des situations poussées à l’extrême ! -), il faut bien le reconnaître, n’est pas crédible très longtemps, plutôt énorme, assez improbable et pour le moins invraisemblable à bien y (re)penser. On a la nette impression que ce film a été un (bon) prétexte pour que toute la production parte aux 4, pardon, aux 2 coins du monde, vers 2 destinations touristiques opposées : le Kenya (ses paysages sublimes, ses Massaï, son Kilimandjaro) et la Russie (sa capitale, sa place rouge, ses danses folkloriques et ses spécialités autant culinaires qu’alcoolisées). Et pour corser légèrement le tout, on rajoute un lion en liberté qui rugit mais ne mord pas, et un avion qui vous fait voler en apesanteur pendant quelques secondes. Bref, de quoi donner quelques (séquences) émotions plus ou moins « fortes » à cette intrigue qui tourne en rond et qui nous fait voyager certes mais en 4ème vitesse ! Il faudra donc vous contenter de ce « plan (im)parfait » ou plutôt de ce périple en sauts de puce où l’on a pas le temps d’être vraiment dépaysé, loin de là, avec des allers retours attendus, un retournement prévisible et un final évident depuis le début, à défaut de nous raconter quelque chose de franchement original qui arrive à tenir si possible notre imagination en éveil, déjà bien débridée par tant de fantaisies cinématographiques revues et corrigées, aussi farfelues les unes que les autres !
C.LB
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