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Après tout si ça marche…(jusqu'au 23 juin)

le  17/04/2012   au théâtre Marigny, Carré Marigny 75008 Paris (du mardi au samedi à 21h et matinée samedi à 16h30

Mise en scène de Daniel Benoin avec Michel Boujenah, Nora Arnezeder, Cristiana Reali, Charlotte Kady, Clément Althaus, Eric Prat, Mathieu Boujenah, Jacques Bellay, Jonathan Gensburger et Paul Chariéras écrit par Woody Allen




Pour tous ceux qui n’auraient pas eu la chance de voir au cinéma Whatever works de Woody Allen sorti en 2009, l’histoire d’une rencontre mais surtout d’un amour improbable entre un homme de 60 ans, aigri et déprimé, et une jeune femme de 20 ans, insouciante et frivole, qu’ils se rassurent, ils peuvent toujours se rattraper au théâtre en venant admirer la formidable adaptation qu’en a fait le metteur en scène Daniel Benoin mais sans, bien évidemment, la présence du ô combien célèbre réalisateur américain !
Seuls son texte, réécrit pour l’occasion avec quelques réaménagements dans l’esprit français et les mentalités hexagonales, ainsi que son style de lunettes, portées par Michel Boujenah qui joue son rôle sur scène, sont de la partie. Et là, mes ami(e)s, quel spectacle ! Loin de (vouloir) faire du Boujenah à tout prix (grand mal lui en aurait pris d’ailleurs !), Michel, tout barbu et grisonnant qu’il est, nous fait presque oublier Woody pour interpréter ce divorcé intelligent, amer et défaitiste, esprit certes fort brillant mais misanthrope, parano et sans désir, vieux ronchon adepte du sarcasme et réactionnaire pessimiste désespérant de mauvaise foi, qui va recueillir chez lui un peu contre son gré une fugueuse (Nora Arnezeder, vue au cinéma dans Faubourg 36 et La croisière) enfuie de chez ses parents, aussi jolie qu’ignorante, aussi naturelle qu’écervelée, aussi décontractée que sensible. Que voulez-vous qu’il arriva en pareille situation ?
Voilà une relation au demeurant improbable et quelque peu « absurde » mais qui va néanmoins trouver son équilibre, jusqu’à transformer autant nos 2 protagonistes principaux que le reste de leurs proches (Cristina Reali - particulièrement à l’aise dans un registre qu’on lui connaissait mal, la comédie ! - et Eric Pratt en tête) ! La transmission de certaines valeurs (dont certaines amorales), qui se fait dans les 2 sens, nous fait irrémédiablement penser à celle dans Harold et Maude mais cette fois à l’envers. Cette leçon de vie, aussi réjouissante que pertinente, est servie par un décor épuré et particulièrement astucieux, fait de projections d’images en mouvement et de panneaux coulissants ou roulants, nous permettant de passer d’un lieu à un autre en un clin d’œil.
En résumé, si vous voulez passer une très bonne soirée (et sans entracte) dans l’un des plus belles salles parisiennes, vous savez ce qu’il vous reste à faire mais avant le 23 juin…

C.LB



 
 
 
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