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Sécurité rapprochée (sur OCS)
Sortie
le 24/02/2026
De Daniel Espinosa avec Denzel Washington, Ryan Reynolds, Vera Farmiga, Brendan Gleeson, Sam Shepard, Ruben Blades, Nora Arnezeder et Robert Patrick (les 24 et 28/02 + 04, 11 et 13/03)
Tobin Frost est le traîte le plus haï et le plus redouté de la CIA. Après avoir échappé au contre-espionnage pendant près de 10 ans, il refait surface en Afrique du Sud. Lorsque sa cachette d’un faubourg du Cap est attaquée par un mystérieux commando, un jeune « bleu », Matt Weston, est obligé d’assurer seul sa fuite et de le conduire dans une nouvelle résidence sécurisée. « Ange gardien » malgré lui, Matt voit dans cette mission une chance inespérée de faire ses preuves aux yeux de l’Agence. Une relation précaire s’établit entre le débutant et le renégat endurci. Mais Frost, manipulateur né, réserve quelques surprises à son candide protecteur…
Ah, quand le jeune élève est initié par le grand maître ! Voilà un rôle que ce bon vieux Denzel Washington n’aurait raté pour rien au monde et pour cause, lui l’unique défenseur à l’écran de la veuve et de l’orphelin (et peut-être devant l’Eternel), des belles valeurs morales encore en activité dans ce monde, de la parole bien franche et du discours toujours réglo ! Pensez donc, jouer cette fois un agent, de surcroît double, qui lui donne encore l’occasion d’interpréter un expert en la matière, notamment dans l’art de la manipulation psychologique (entrer dans la tête de ces interlocuteurs) et du combat à mains nues (pour le moins efficaces), ainsi que de briller aux yeux particulièrement ébahis d’une nouvelle recrue, pour ne pas dire d’un « bleu-bite », du moins de l’impressionner dans sa façon de retourner une situation en sa faveur. Et en plus, si c’est l’un des « gros » (ou si vous préférez imposants) méchants de l’histoire, alors c’est la consécration assurée et sans doute, comme pour Training day d’Antoine Fuqua où il était le « bad boy » de service, un Oscar à la clé. Puisque Denzel Washington semble toujours aussi cool, quelque soit l’état dans lequel il se trouve d’ailleurs, découvrons plutôt son allié, Ryan Reynolds (La proposition ; X-Men origins : Wolverine ; Green lantern ; Echange standard) qui réussit, chose rare, à être tout à fait crédible et à s’imposer face au « poids…(lourd) » qu’est son éminent et néanmoins respectable partenaire. Même s’il n’a pas un rôle très nuancé, du moins pas à la hauteur de celui qu’a Matt Damon dans la trilogie Jason Bourne (lui aussi agent de la CIA quelque peu manipulé !), il court, saute, se bat, se blesse, en un mot, mouille au moins sa chemise autant que l’autre. Parce qu’ici, c’est musclé, explosif, énergique, haletant, rythmé, bref, drôlement physique ! Presque 2 heures d’action non-stop, de courses-poursuites plutôt impressionnantes, d’accidents de la route très percutants, de fusillades bien nourries et de morts de façon violente (jusqu’à s’entretuer entre eux au sein du même service !), entrecoupés parfois de légers sentiments humains, pardon, de brèves respirations narratives. Et l’on doit cette réalisation à la fois époustouflante et intrigante, aussi soutenue que tendue, à Daniel Espinosa (The Babylon disease ; Outside love ; Easy money), jamais avare de plans très « cut », de scènes mouvementées, limite épileptiques, et d’images un peu crades, avec une pellicule pleine de gros grains. Il semble que côté réalisme et précision de certaines séquences, on n’ait pas (encore) fait mieux, surtout lorsque les voitures se télescopent en pleine rue devant un public médusé. Il n’y a pas plus « formateur » que ce type de production à la fois rondement menée, pour ne pas s’ennuyer une seconde, et bigrement enlevée, pour rester bel et bien éveillé tout au long de ce thriller : ah, c’est sûr, c’est autre chose que La taupe qui sort bientôt au cinéma !
C.LB
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