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Race (jusqu'au 13 mai)

le  02/02/2012   au théâtre de la Comédie des Champs-Elysées, 15 avenue Montaigne 75008 Paris (du mardi au samedi à 20h30, matinées samedi et dimanche à 16h)

Mise en scène de Pierre Laville avec Yvan Attal, Alex Descas, Sara Martins et Thibault de Montalembert écrit par David Mamet




Si vous ne connaissez pas encore l’écrivain, scénariste et réalisateur américain David Mamet, il vous est très fortement conseillé de lire autant ses romans que de voir ses adaptations faites au cinéma ! Que ce soit Engrenages, Des hommes d’influence, Ronin, A couteaux tirés, Hannibal, Glengarry Glen Ross ou bien encore Séquences et conséquences, vous comprendrez vite qu’il s’agit d’un auteur véritablement passionnant et incontournable à plus d’un titre (dans tous les sens du terme d’ailleurs !).
Justement, voilà que Race, l’un de ses pièces écrite en 2009, est mise en scène à Paris par son fidèle adaptateur français, Pierre Laville et, pardonnez-moi du peu, avec un casting véritablement à la hauteur du projet. Pensez donc, Yvan Attal qui fait ses tous premiers pas sur des planches à la manière d’un Al Pacino dans Le parrain, Alex Descas qu’on n’avait pas vu au moins depuis Passions secrètes au théâtre Montparnasse, Sara Martins (aperçue dans Le concert et Les petits mouchoirs) plus belle que jamais, sans oublier Thibault de Montalembert très impressionnant dans le rôle d’un homme blanc fortuné, accusé d’une tentative de viol sur une pauvre femme noire dans un hôtel. Venu voir les 3 premiers, célèbres avocats de « races » différentes à la fois rapides et brutaux, retors et arrogants, rusés et séducteurs, redoutables et persuasifs, ce dernier va se trouver pris dans l’engrenage d’une procédure raciale inextricable où il est question de couleur de peau qui prend le pas sur une enquête criminelle et une procédure approfondies.
Cela ne vous rappele-t-il rien ? Il semble que l’affaire DSK ne soit pas très loin, bien que celle-ci soit survenue 2 ans après que cette œuvre ait été interprétée à Broadway. Faut-il donc y voir un prétexte plus ou moins jubilatoire à jouer sur une actualité encore tiède ? Point de cela bien que similaire (voire visionnaire) dans certains faits mais pas vraiment dans le thème de fond ! En effet, le sujet n’est pas forcément là où on l’attend, ce qui en fait toute sa subtilité comme sa puissance, partagée entre une plaidoirie manipulée et une cause défendue. Toute l’action se déroule dans le décor d’un bureau d’affaires cossu où vont s’affronter tout ce petit monde en huis-clos à travers des rapports humains tour à tour houleux, subversifs et pervertis à l’encontre de chacun des protagonistes. Sans vous dévoiler un quelconque secret ou piège, sachez seulement que les préjugés raciaux comme les discours mensongés, et que les allégations discriminatoires comme les subterfuges extrêmes filent bon train ici !
Que vous dire de plus ! Que ce spectacle psychologique fort, certes âpre mais dense, aussi magistralement écrit qu’interprété, ne ménage pas ses « surprises ». C’est un plaisir, pardon, un régal autant pour les yeux que pour l’esprit, et il faudrait être vraiment stupide pour ne pas aller voir cette excellente leçon de « droit », histoire de ne pas « mourir complètement idiot » !

C.LB



 
 
 
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