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Another happy day

Sortie  le  01/02/2012  

De Sam Levinson avec Ellen Barkin, Kate Bosworth, Ezra Miller, Demi Moore, Ellen Burstyn, Thomas Haden Church et George Kennedy


Lynn débarque chez ses parents pour le mariage de son fils aîné, Dylan. Elle est accompagnée de ses 2 plus jeunes fils, Ben et Elliot. La propension de ce dernier à mélanger alcool, drogues et médicaments ne le prive pas d'une certaine lucidité sur la joie des réunions de famille.
Et la réunion, de fait, est joyeuse : grands-parents réac, tantes médisantes, cousins irrémédiablement beauf'. Sans compter le premier mari de Lynn qui arrive flanqué de sa nouvelle femme tyrannique.
Chaque matin annonce décidément un nouveau jour de bonheur. Une comédie sur des adultes en guerre, des ados en crise et le mariage qui les rassemble tous… pour le meilleur et pour le pire.


Famille nombreuse, famille heureuse…: Famille, je vous aime, mon œil ! Sûrement pas lors de cet heureux évènement en perspective qui va rapidement tourner au vinaigre, voire au règlement de compte où chacun passe son temps à chercher la bagarre, bref, une crise familiale qui a de quoi gâcher la fête en préparation ! En effet, il n’y en a pas un et encore moins une qui n’ait un sérieux problème à régler ou qui ne soit en conflit permanent avec d’autres membres de sa famille ! C’est à celui (et celle) qui aura le plus à dire ou à déverser « sa bile » sur untel, histoire de se défouler un peu et, pourquoi pas, de se sentir mieux après ! Puisque la hache de guerre est déterrée, il va falloir prévoir quelques déchirements dans l’air, si ce n’est à prévoir une sérieuse thérapie psychanalytique de groupe qui s’impose dans pareil rassemblement de « barjots » !
Nous sommes assez loin de la comédie Mon beau-père et moi, mais plutôt très proche d’un mélodrame dans toute sa splendeur. Entre une mère sur la défensive et dépressive au plus haut point (la formidable Ellen Barkin, vue dans Ocean’s 13, She hate me et dernièrement Le caméléon), excédée par 2 de ses fils plutôt spéciaux et particulièrement exaspérants (notamment le fantastique Ezra Miller, aperçu dans City island et récemment We need to talk about Kevin), qui tente de négocier avec son ex-mari égoïste et violent (l’impressionnant Thomas Haden Church avec sa « belle gueule » et sa voix grave, présent dans Tombstone, Sideways et Spider-man 3), lui-même remarié à une femme qui veut avoir le contrôle sur tout (l’excellente Demi Moore qu’on ne présente plus !), vis-à-vis de leur fille autodestructrice (la belle Kate Bosworth qu’on a pu voir dans L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, Les lois de l’attraction et Superman returns), tout en essayant de ménager sa mère (la grande Ellen Burstyn, oscarisée pour Alice n’est plus ici, récompensée pour Même heure l’année prochaine, et nominée pour La dernière séance, L’exorciste, Resurrection et Requiem for a dream), plus rien ne va et tout part ostensiblement à la dérive, avec l’espoir de sauver les dernières apparences.
Quelle belle brochette de « cas »…aussi sociaux qu’excentriques en vérité ! Pas facile de gérer à l’écran quasiment 2 heures d’affrontements verbaux, de conversations cyniques, de non-dits lourds de conséquence, de mauvaise langue ou alors de langue de vipère, et autres fâcheuses confrontations, mais le jeune réalisateur Sam Levinson, fils du célèbre Barry (souvenez-vous entre autres de Rain man et Good morning Vietnam !), ne donne pas du tout l’impression d’avoir eu du mal à gérer tout cela, ni d’être un débutant en matière de mise en scène (il a d’ailleurs remporté le Prix du scénario au festival de Sundance 2011 !). Il prouve ses compétences à diriger tout ce beau monde instable qui « se fout sur la gueule », à faire monter la tension puis trouver des moments d’accalmies, histoire de faire un peu baisser la pression (pour la « paix des ménages » !), tout en distillant avec beaucoup de talents les bons mots comme les phrases justes à l’ensemble de ses protagonistes « angoissés ».
En résumé, du travail d’orfèvre pour un tout premier film pas toujours évident à traiter, qui ne démérite pas du prestigieux parcours de son illustre père, et qui pourrait bien révéler un nouveau grand cinéaste dans les temps à venir….

C.LB



 
 
 
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