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Tu seras mon fils (sur Ciné + Emotion)

Sortie  le  21/09/2026  

De Gilles Legrand avec Niels Arestrup, Lorànt Deutsch, Patrick Chesnais, Anne Marvin, Nicolas Bridet et Valérie Mairesse (les 21, 22, 24, 25 et 28/09)


Paul de Marseul, propriétaire d’un prestigieux vignoble à Saint-Emilion, a un fils, Martin, qui travaille avec lui sur le domaine familial. Mais Paul, vigneron exigeant et passionné, ne supporte pas l’idée que son fils puisse un jour lui succèder. Il rêve d’un fils plus talentueux, plus charismatique, plus conforme à ses fantasmes de père.
L’arrivée de Philippe, le fils de son régisseur, va bouleverser la vie de la propriété. Paul tombe en fascination devant ce fils idéal. Commence alors une partie d’échec qui se jouera à 4 : 2 pères, 2 fils, sous le regard impuissant des femmes qui les entourent. Et au moins, l’un d’entre eux n’a plus rien perdre….


Rares sont les films français qui vous tiennent en haleine du début à la fin ! Et ce drame psychologique sous-jacent, sur fond de relation conflictuel père/fils, orchestré de mains de maître par Gilles Legrand, en est une preuve irréfutable. Un beau chassé-croisé crescendo entre plusieurs personnes dans le milieu viticole, sur fond de dialogues aussi fins que croustillants qui font beaucoup références au vin, n’omettant pas au passage de placer quelques phrases bien directes et réparties très cinglantes.

Un travail d’orfèvre, minutieusement élaboré par un réalisateur qui nous avait plutôt déçu par ses 2 précédentes mises en scène, Malabar Princess et surtout La jeune fille et les loups ! Heureusement, il n’en est rien cette fois, d’autant que l’histoire parfaitement ciselée, les rebondissement savamment préparés comme le jeu tout en nuance des acteurs, place ce film au dessus de la mêlée pour ne pas dire en état de grâces. Si Niels Arestrup interprète, avec un sens inné du machiavélisme incarné (que l’on avait pu d’ailleurs constater dans Tirez sur le caviste – qui se passait déjà dans le même univers -, l’un des épisodes tiré d’une série de polars diffusés sur France 2 il y a excatement 2 ans !), un rôle de père puissant et autoritaire qui dénigre son fils jusqu’à l’humilier, les autres sont loin d’être en reste ou bien à la traîne, tenant leur rôle sans être nullement en retrait face à lui.
Ni Lorànt Deutsch en fils mal-aimé limite martyr et rongé par la colère, ni Patrick Chesnais en régisseur taiseux et digne, condamné par un cancer, ni Anne Marvin en épouse piquante et juste qui fait front, et encore moins Nicolas Bridet en fils providentiel, voire « prodige », n’ont à pâlir ni à rougir de leur excellente prestation et de leur présence charismatique ! Et n’oublions pas non plus la présence non-négligable de la demeure avec ses vignes à perte de vue et d’une beauté imposante, ainsi que des prises de vues remarquables de ce terroir effectuées par Yves Angelo, célèbre directeur de la photographie !

Comment ne pas être emporté par la magie de ces arômes fruités ou boisés qui nous donneraient presque envie à nous aussi d’y goûter, par ces « maîtres en bouche » au nez comme au palais fort délicats qui saupoudrent leurs cuves des cendres de leurs aïeuls ou alors qui cirent leurs chaussures avec du cognac, et par tous ces problèmes de filiation plutôt difficile à gérer comme à régler, où la jalousie et la rancœur mal digérées couvent, où le mal est fait et où la mort rode inexorablement ? Voilà un réalisateur qui porte bien son nom, « Le grand » art cinématographique comme on aimerait en voir plus souvent…..

C.LB



 
 
 
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