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Le dernier exorcisme
Sortie
le 15/09/2010
De Daniel Stamm avec Patrick Fabian, Ashley Bell, Louis Herthum, Iris Bahr et Caleb Jones
Le révérend Cotton Marcus est un pasteur évangéliste qui côtoie beaucoup de croyants dans son travail sans l'être lui-même. Après avoir passé des années à escroquer des fidèles en pratiquant de faux exorcismes, Cotton est pris de remords et décide de se racheter en réalisant un documentaire pour révéler ses méthodes frauduleuses. L'équipe de tournage se rend alors au fin fond de La Louisiane, dans la ferme de Louis Sweetzer, un fondamentaliste qui pense que sa fille Nell est possédée : Nell se réveille notamment tous les jours couverte de sang animal, incapable de se rappeler ce qui s'est passé. Louis est convaincu que seul un exorcisme pourra mettre fin à ces terrifiantes épreuves. Cotton commence par essayer ses tours habituels mais réalise bien vite que ses années de mascarade religieuse ne l'ont pas préparé à affronter un vrai cas de possession. Son équipe et lui vont devoir trouver un moyen de sauver Nell avant qu'il ne soit trop tard pour elle...comme pour eux.
Et nous voilà à nouveau replongé dans un thriller surnaturel style Le projet Blair Witch ou Paranormal activity, faux documentaire tourné en caméra vidéo HD sur les périgrinations d’un petit groupe d’individus aux prises avec des démons ambiants ! Ici, au lieu d’être en présence de jeunes campeurs et reporters perdus dans une forêt inhospitalière, nous assistons cette fois aux coulisses d’un exorcisme, notamment en Louisiane profonde, terreau idéal pour ce genre de croyance chez un fermier aigri et père veuf avec 2 enfants, à la fois ivrogne et superstitieux, par un charmant prédicateur certes charismatique au possible (avec un petit air de James Caen jeune) mais roublard comme ce n’est pas permis ! En effet, histoire d’arrondir ses fins de mois et de mettre un peu plus de beurre dans les épinards de sa famille, il répond à quelques appels de détresse envoyés sous forme de lettres écrites par des illuminés qui se croient possédés, se déplaçant lui-même chez eux pour faire « semblant » d’extirper quelques forces du Mal qui pouuraient habiter leurs chairs comme leur âme. Tous les coups et gadgets sont bons pour que le commun des mortels comme le pèquenot du coin y croit : faux cris d’épouvante enregistrés à l’avance et diffusés par des petits haut-parleurs bien dissimulés dans la pièce ; faux électrochocs envoyés par des bagues munies de petites piles électriques ; faux crucifix qui lâche de la fumée cachée à l’intérieur au moment le plus opportun de la cérémonie ! Bref, tout l’appareillage du parfait escroc, pardon, imposteur qui essaye de nous prouver, preuves à l’appui, que l’exorcisme n’est pas une science vraie, tel un magicien qui nous expliquerait posément comment il réussit quelques-uns de ces fameux tours ! Mais « je vous le dis ! », à force de taquiner le diable et de lui tirer un peu la queue, ce prédicateur sympathique va être pris à son propre jeu et se retrouver confronté à une fille psychopathe, complètement hallucinée, se contorsionnant comme un acrobate désarticulé (voir la photo ci-dessus !). Tout aurait pu parfaitement fonctionner à l’écran si le côté « je vais vous montrer et vous prouver par A + B » ne dérapait pas parfois dans le canular (il se moque de ses « pauvres victimes »), l’inutile (le don de grosses chaussures rouges, des Doc Martens !), le déjà-vu (on coupe parfois la caméra comme la lumière « inopinément ») et le grandiloquent (les dernières scènes du film deviennent vite complètement grotesques), une façon comme une autre d’essayer de dédramatiser l’ambiance pesante. Mais à aucun moment, dans cette suite de « faux rebondissements », l’atmosphère ne se trouve intrigante ou captivante, en aucun cas troublante, ni angoissante et encore moins effrayante : on se demande juste comment notre beau prêcheur va bien pouvoir s’en sortir sans y laisser quelques poils au passage ! Le film L’exorciste avait beau être une totale fiction, elle foutait 10 fois plus les pétoches que ce prétendu « docu fait chez soi » avec très peu de moyens et d’effets (et ça se voit beaucoup à l’image !). En résumé, un film amateur dit d’horreur ne peut pas toujours faire recette en tant que production soi-disant phénomène, ni accéder chaque fois au statut de réalisation culte, sauf peut-être chez ceux, jeunes, crédules et naïfs, qui veulent bien y croire encore un peu !
C.LB
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