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600 kg d’or pur
Sortie
le 25/08/2010
De Eric Besnard avec Clovis Cornillac, Audrey Dana, Patrick Chesnais, Claudio Santamaria et Bruno Solo
Un groupe d’aventuriers entreprend de faire le casse d’une mine d’or au cœur de la Guyane. Mais l’opération ne se passe pas comme prévue et, lors de leur fuite, leur hélicoptère doit se poser en catastrophe au milieu de la jungle. Ils ont la main sur 600 kg d’or….mais doivent maintenant les porter sur leurs dos dans un milieu très hostile. Le butin devient fardeau. Les 6 fuyards (4 hommes, 2 femmes) s’enfoncent dans la jungle. Le climat, les insectes, la fatigue, la menace des poursuivants, tout concourt à rendre leur longue marche impossible. La forêt semble devoir se refermer sur eux. Et la cohésion du groupe est rongée par la fièvre de l’or….
Vous qui vouliez avoir de l’aventure, de l’action et de l’exotisme à l’écran, vous allez être enfin servi avec un dépaysement assuré pour ne pas dire quasi total et pleinement garanti ! En effet, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de voir un film d’aventures contemporain pour le moins dramatique qui se passe dans un véritable bourbier plus vrai que nature d’autant qu’il est 100% réel, notamment celui rencontré dans la forêt guyanaise où cette production à l’approche difficile s’est tournée, entre chaleur accablante, épuisement aussi bien physique que moral, peur ambiante due autant à la présence végétale qu’animalière plutôt inhospitalière dans cette région sauvage très retirée du monde qu’on appele l’Amazonie. On aurait presque pu oublier des réalisations comme La salaire de la peur, Le ruffian, Les grandes gueules ou bien encore 100.000 dollars au soleil, si elles n’avaient pas été réalisé dans les mêmes conditions pour certaines il y a plus de 57 ans et pour d’autres dans les années 60 ! Raison de plus pour (ré)apprécier comme il se doit ce film de genre version moderne autour de la fameuse soif de l’or, celle qui peut s’emparer de n’importe quelle personne normalement constituée, face à l’appel de la richesse et à toutes les convoitises que représente ce précieux métal sans aucune morale ni véritable virginité, fruit de toutes les spéculations et autres transactions possibles. Il faut reconnaître à juste titre que la fièvre inconsidérée pour cette roche pure et symbolique depuis des lustres, voire même la nuit des temps, n’a jamais été aussi bien dépeinte que depuis La ruée vers l’or de et avec Charlie Chaplin, ainsi que dans Le trésor de la Sierra Madre avec le regard si particulier de Bogart porté à la vue de ce métal doré. Néanmoins, cette nouvelle mise en scène autour d’orpailleurs et d’exploitations aurifères n’a vraiment rien à envier à ces illustres prédécesseurs cités ci-dessus, loin de là ! Cette réussite vaut autant aux magnifiques prises de vues faites dans cet enfer vert certes à l’aspect étouffant mais aux paysages vraiment sublimes (bravo à Eric Besnard, à qui l’on doit déjà le film Cash), qu’à l’histoire bien menée (malgré une intrigue somme toute assez prévisible et un rythme parfois lancinant), aux dialogues comptés (« t’as une gueule à dépecer des singes ! »), et au choix du casting, certes éclectique, bigarré et inattendu, mais tout à fait crédible, qui incarne des voleurs dégoulinants de pluie comme de sueur, aux prises avec le marasme des éléments naturels, des rencontres insolites et des divers imprévus particulièrement mouvementés dans la jungle après leur casse. Que ce soit Clovis Cornillac en pilote d’hélicoptère à toute épreuve, baroudeur pur et dur à la Lino Ventura (bel hommage rendu !) ; Patrick Chesnais en mercenaire artificier assez roublard à qui on ne l’a fait plus, note comique dans cette étude très sensible de caractères comme de rapports humains à fleur de peau ; Bruno Solo en géologue idéaliste déçu devenu misanthrope allumé à force de côtoyer de prêt toute cette or jusqu’à lui tourner complètement la tête ; Claudio Santamaria (aperçu dans Romanzo criminale) en tireur d’élite à l’allure svelte et à la dégaine charismatique ; et enfin Audrey Dana (vue dans Roman de gare, Welcome, Tellement proches et Le bruit des glaçons) en femme active spécialement bien ancrée dans ce groupe uniquement composé d’hommes bien virils, ses comédiens sont tous à leur place même dans un registre où on n’attendait pas de les voir forcément. Dans ce véritable jeu de massacre en milieu hostile, un peu à la manière du principe des 10 petits nègres mais version actuelle où c’est plus la nature qui se charge de les éliminer les uns après les autres qu’eux s’entretuant, c’est le vert qui prédomine, couleur de la végétation (souvenez-vous de La forêt d’émeraude !) et synonyme d’espoir mais aussi couleur mortelle, bannie par tous les techniciens de cinéma (et de télévision) sur n’importe quel lieu de tournage existant. Ce qui n’a nullement empêché les 2 producteurs de Mandarin Cinéma (Eric et Nicolas Altmayer) de nous proposer une sorte de pied de nez à l’une de leurs dernières célèbres productions, OSS 117 Rio de répond plus, comédie hautement parodique et satirique qui se déroulait au Brésil, en partie dans la forêt amazonienne ! Un juste retour des choses en quelque sorte…..
C.LB
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