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Sandrine Destefanis

le  28/09/2010   chez Sphinx distribution





A toute époque et pour toute génération confondues, le jazz et surtout la musique brésilienne ont toujours suscité le voyage, l’exotisme et le rêve, et ce n’est pas les artistes actuels qui vous diront le contraire. Si certains reprennent de temps à autre sur leur disque ou lors de leur tournée quelques-unes de ces chansons de bossa-nova, c’est parce qu’elles se marient parfaitement avec l’atmosphère qu’on veut créer, cette ambiance sensuelle et élégante, tour à tour chaloupée, délicate, dansante et enjôleuse, qui donne envie autant de se laisser bercer que de se déhancher.
C’est sans doute pour toutes ses raisons que Sandrine Destefanis, une jeune parolière et interprète d’origine niçoise, s’est laissé porter par une alternance de rythmes venus aussi bien d’Amérique du Sud que des Antilles et même du Moyen-Orient, histoire de nous concocter un premier album plutôt prometteur. Dans cet exercice de style souple et nuancé, elle marie adroitement de la bossa certes nonchalante mais chaloupée à la Henri Salvador sur fond d’accordéon (Faux départ ; Sous le soleil d’Emmanuel) ou accompagnée de chœurs (Rio), avec du jazz tout en finesse, doux (Demain j’arrête, un peu parlé à la Viktor Lazlo) et posé (Rendez-vous avec vous), voire épuré au piano (Mes excuses), ainsi qu’une composition légèrement arabisante (Pas encore) et une ritournelle plutôt mélancolique, aussi solennelle qu’une prière (Yérushalaïm shel zahav).
Mais de là à être surnommée Lady Swing, il y a quand même un pas qu’elle n’a pas encore complètement franchi, loin de là ! En effet, si sa voix cajoleuse, évanescente et joyeuse, au timbre parfois haut perché de petite fille, réussit à accrocher parfaitement l’auditeur sur certains titres tout à fait dans l’esprit de la suèdoise Lisa Ekdahl, il est moins sûr que son timbre feutré, soit très discret limite perceptible comme sur Demain j’arrête, soit trop speedé, arrive à convenir sur des morceaux tels que Je l’sais et Jalousie, aux textes pas profondément adéquates ni au débit parfaitement maîtrisé, trop précipité pour être vraiment apprécié à sa juste valeur. Chacun jugera !
Néanmoins, quel dommage que cette nouvelle chanteuse romantico/intimiste, bien meilleure dans le style mid-tempo qu’ailleurs, n’ait pas été mieux conseillée par ses collaborateurs, les compositeurs Yona Yacoub (du groupe Sashird lao), Robert Persi (pianiste notamment de Claude Nougaro) et du brésilien Paulinho Guimaraes, sans oublier le parolier Silvana Da Costa ! Quoi qu’il en soit, saluons tout de même et comme il se doit cette nouvelle venue dans le paysage musical exotique actuel….

C.LB



 
 
 
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