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Ilène Barnes : Three sides

le  04/10/2010   chez IC Music/Discograph





Ce qui est tout de suite caractéristique, voire reconnaissable, chez la chanteuse Ilène Barnes, c’est sa voix étonnante et assez hors du commun, grave, âpre, presque masculine pour ne pas dire androgyne, au vibrato particulièrement émouvant et même troublant, capable aussi de se faire câline, de jouer des vocalises avec effet ou bien de monter dans les aigus hauts perchés.
Dans ce croisement vocal entre Tracy Chapman pour le côté folk, Amy Winehouse pour celui jazz et la regrettée Lhasa pour celui blues, cette artiste, compositrice, auteure, guitariste et interprète originaire de Detroit, a su s’imposer rapidement et forcer quelque peu le respect depuis quelques années dans un registre qui mêle astucieusement tous les genres cités ci-dessus sans jamais ni les galvauder ni les déprécier d’aucune façon.
Gage de talent comme de réussite pour cette révélation, grande fille de presque 1 mètre 90, certes à l’apparence fragile mais au caractère pour le moins conquérant, qui sait passer d’un genre à l’autre sans difficulté ! Qu’elle interprète quelques reprisess d’une manière soit sautillante (House of the rising sun des Animals), soit nonchalante (Big yellow taxi de Joni Mitchell), soit encore cadencée (This wheel’s on fire de Bob Dylan), ou qu’elle chante ses propres compositions revues et corrigées, tour à tour légères (C’est la vie), sensibles (Lilies’song), chaloupées comme un tango (Sticks and stories) et aussi en live (Do you know what I mean ; Time ; Deep – son premier hit - ; Please – reprise de U2 - ; Jennifer et They say – très connoté world music genre du Cap Vert -), elle réussit à installer une ambiance sincère et authentique genre unplugged, pleine de profondeur et de superficialité, de mélancolie et de fougue, de délicatesse et d’emportements.
Bref, Ilène Barnes, qui nous avait déjà superbement étonné avec ses albums Time, sorti en 2003, et Yesterday comes en 2006, lui permettant de lancer véritablement sa carrière, nous propose un nouvel opus aussi prenant qu’envoûtant, ponctué de ballades bluesy lancinantes, de rock électrique endiablé et de ritournelles folk mélodieuses qui s’élancent souvent crescendo, le tout sur fond de textes certes parfois tourmentés mais toujours soignés. Voilà donc un bel exemple de musique à la fois puissante, intense et poignante, qui n’est pas s’en rappeler une certaine image musicale de l’Amérique traditionnelle à la Leonard Cohen, et qui va encore plus l’installer parmi les révélations à suivre de très près !
A vous d’en juger en concert les 18, 19, 20, 27, 28, 29 et 30 septembre prochain à La Dame de Canton à Paris, ainsi qu’en tournée dans toute la France d’octobre à novembre !

C.LB



 
 
 
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