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American trip
Sortie
le 18/08/2010
De Nicholas Stoller avec Jonah Hill, Russell Brand, Elisabeth Moss, Rose Byrne, Colm Meaney et Sean Combs
Aaron Green, stagiaire au sein d’une maison de disques, n’aspire qu’à une chose, prendre du galon dans l’impitoyable industrie de la musique. L’occasion se présente lorsqu’il se voit confier une drôle de mission : rapatrier la rockstar Aldous Snow de Londres à Los Angeles en moins de 72 heures pour un concert crucial. Mais le voyage va vite tourner au cauchemar lorsqu’Aaron réalise que ce qui ne devait être qu’un simple voyage s’apparente plus à un véritable périple semé de débauche, d’alcool, de drogue, de strip-teaseuses et d’embrouilles en tous genres. Aaron parviendra-t-il à ramener Aldous à destination avant l’heure fatidique ?
Il faut se faire une raison : on ne va pas, voire plus du tout, échapper aux productions américaines estampillées Judd Apatow, également réalisateur et scénariste à succès de plusieurs longs métrages qui officie habituellement dans le style comédie franchement délirante, à la fois décomplexée et décalée, pour jeunes ados, pour ne pas dire même pour « adulescents », « nerds », « geeks » et autres cas générationnels ! 40 ans toujours puçeau, c’était lui où il arborait les 3 casquettes (écrire, financer et tourner), tout comme pour En cloque mode d’emploi ; Supergrave, c’était à nouveau lui mais uniquement en tant que producteur ainsi que sur Sans Sarah rien ne va, Délire express et Frangins malgré eux, et dernièrement Funny people, c’est encore lui à tous les stades de fabrication ! A chaque fois, on retrouve une flopée d’acteurs qu’il promouvoie régulièrement sur ses différents projets, entre autres Jonah Hill, présent en tant que second rôle dans En cloque mode d’emploi et Funny people, puis en tête d’affiche dans Supergrave (ainsi que prochainement dans Cyrius). Pas étonnant que cet acteur volubile et rondouillard, qui joue généralement des personnages parfois immatures et souvent ridicules, se fasse remarquer avec sa bonhomie aussi touchante qu’attachante, capable en tant que larbin d’une maison de disques dirigée par l’impayable Sean Combs (vous savez, ex-Puff Daddy !), de se retrouver dans une suite de scènes plus incroyables et plus givrées les unes que les autres. Egalement de la partie, Russell Brand que vous avez pu remarquer sans doute dans Pénélope mais surtout dans Sans Sarah rien ne va (réalisé par qui ? par Nicholas Stoller bien sûr !) où il avait déjà un petit rôle de rock star en perdition. Il était donc tout désigné pour réendoser à nouveau le costume du beau mec de service mais grand « con » dans l’absolu, has been patenté qui fait de la daube et grand junkie autodestructeur devant l’éternel. Ce dernier, addicte à toutes formes de stupéfiants et constamment stone (son nom est Snow comme la « neige » !), va initier le premier, son escort boy courageux et honnête mais plutôt « gentil crétin », dans des plans de barjes, entre tournée des bars, virée en soirées et after en joyeuse compagnie ! C’est à celui qui en sortira le plus murgé, le plus fracassé et le plus défoncé des 2, dans un festival de débauche phénomènal en tout genre ! Vous l’aurez vite compris, nous avons à faire à une mise en scène oh combien réjouissante et farfelue mais savament provoc et trash, avec son lot de situations douteuses toutes aussi disjonctées qu’azimutées, de dialogues potaches limite sordides, de textes certes explicites mais parfois irrévérencieuses, et de répliques bien fleuries avec des paroles particulièrement graveleuses, sur fond d’une BO branchée à outrance et bien de circonstance (Clash, Sex Pistols, du rap hard, du français rétro - ! - et même du Mariah Carey !!), ainsi que d’images plus ou moins choquantes (un clip à la manière du dernier de Kate Perry) qui ne laissent rien présager de calme ni de reposant à l’horizon. Pendant ces 3 jours de totale biture, il est évident que le chemin de rédemption espérée pour chacun ne se fera pas sans quelques épreuves psychologiques et physiques assez éprouvantes mais salutaires pour tous à bien des égards. Bref, malgré quelques similitudes scénaristiques avec Funny people (l’histoire d’un illustre comique à qui il est donné l’occasion de repartir à zéro), voilà le nouveau « chef-d’œuvre » satirique, jubilatoire et croustillante signé des Productions Apatow, qui est (fort heureusement) un peu plus consistant que le précédent, et qui prône certaines valeurs « vécues » à ne pas (forcément) préconiser à tout le monde, loin de là !
C.LB
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