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Cyrus
Sortie
le 15/09/2010
De Jay et Mark Duplass avec John C.Reilly, Jonah Hill, Marisa Tomei et Catherine Keener
Sept ans après son divorce, John est toujours célibataire. Il a cessé de croire à l’amour. Cédant à son ex-femme, Jamie, devenue sa meilleure amie, il accepte à contrecœur de les rejoindre, elle et son fiancé, à une fête. A la surprise générale, John y rencontre une femme, la belle et dynamique Molly. Entre eux, c’est le coup de foudre. Pourtant, John va vite découvrir qu’il existe un autre homme dans la vie de Molly : son fils de 21 ans, Cyrus, avec qui elle entretient une relation hors norme. Prêt à tout pour protéger sa mère, le jeune homme n’a pas du tout envie de la partager, et encore moins avec John. C’est le début d’une guerre. Il ne pourra y avoir qu’un seul vainqueur…
Qui a dit que les acteurs comiques n’étaient pas capables de jouer de façon sérieuse, voire solennelle, ou du moins de changer de registre de temps à autre, histoire de casser un peu leur image ? C’est notamment le cas de cette sélection d’acteurs oh combien brillants qu’on n’attendait vraiment pas dans une étude psychologique mi-figue mi-raisin autour des rapports humains entre un homme et une femme avec le fils de cette dernière. Pensez donc, un John C.Reilly qui nous avait habitué dernièrement à des comédies fantastiques (L’assistant du vampire) ou bien déjantées (Frangins malgré eux), un Jonah Hill qui joue souvent les gros empotés (En cloque mode d’emploi), attardés (Supergrave) ou alors malmenés (Funny people ; American trip), une Marisa Tomei qui oscille entre tous les genres avec la même facilité et la même aisance (Irrésistible Alfie ; Mon cousin Vinny, Welcome to Sarajevo ; The wrestler), et une Catherine Keener qui n’a pas son pareil pour rester égale à elle-même, c’est-à-dire sans aucun artifice, nature, simple, attachante et légèrement énigmatique, quelque soit le film qu’elle tourne (40 ans toujours puçeau ; Dans la peau de John Malkovich ; Into the wild ; Truman Capote ; Le soliste). Néanmoins, ce casting de choix n’arrive pas à sauver le scénario ni la réalisation, loin de là ! Comment apprécier à sa juste valeur cette mise en scène tournée en vidéo HD style documentaire qui zoome constamment par à-coup, où le son est assez approximatif si ce n’est pas sourd ? Quant à l’histoire, elle est truffée de situations certes intimistes mais trop hésitantes comme si nous assistions à des répétitions ou bien à des scènes improvisées, d’actions éxagérées, de répliques téléphonées ou convenues d’avance, et de dialogues d’une grande banalité d’usage, ainsi que d’un final prévisible depuis le début. Ils ont beau s’y être mis à 2 (Jay et Mark Duplass), cela manque d’entrain, de tenue et de véracité. Comment voulez-vous qu’on croit à cette rencontre fortuite, trop rapide, trop facile et trop évidente, alors que le personnage interprété par John C.Reilly, un célibataire divorcé certes intègre et sincère mais plutôt dépressif et éméché (pour ne pas dire en état d’ébriété), ne donne vraiment pas envie de le rencontrer, ni de l’approcher et encore moins de lui parler ? Même aussi touchant et émouvant qu’il puisse l’être, il n’est pas assez convaincant, d’autant qu’il ne peut pas s’empêcher de faire quelques mimiques clownesques par moment ! Du côté de Jonah Hill, ce n’est pas mieux dans son rôle de fils manipulateur et possessif à l’excès qui tente de pourrir la nouvelle relation amoureuse de sa mère ultra sensible, beaucoup trop posé, trop figé et trop engoncé pour paraître normal, décontracté, voire authentique ! Bref, cette production indépendante ambigue, qui sonne souvent fausse, n’arrive pas à être réaliste, ni à rester nuancée jusqu’au bout, n’arrêtant pas d’hésiter entre l’étude de mœurs modernes version américaine à plein nez (sur fond de questionnements bien existentielles, de raisonnements très générationnels et de réactions fortement émotionnelles), et la comédie tragi-comique plutôt douce-amère qui n’ose pas affronter les problèmes importants de face ou bien alors aller parfois dans l’humour le plus dévastateur et le plus libérateur qui soit. Diable, que de retenues là où il y avait plutôt matière à se lâcher un peu plus !
C.LB
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