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Sting : Symphonicities

le  12/07/2010   chez Deutsche Grammophon/Universal





Que pourrait bien nous proposer de nouveau et d’original l’illustre Sting qui ne soit déjà fait, vu et entendu de sa part ? Difficile de trouver une idée musicale autant astucieuse qu’ambitieuse, autre qu’un live entre amis de bonne compagnie (All this time en 2001), qu’un concept-album autour de l’amour sous toutes ses formes (Sacred love en 2003) et qu’un vibrant hommage à la musique élisabéthaine (Songs from the labyrinth en 2006), qui n’ait pas encore été galvaudée ou reprise par certains de ses confrères avant lui !
Sans trop se risquer à d’éventuelles expériences aussi déconcertantes qu’inattendues, comme ce fut le cas avec le projet d’opéra Welcome to the voice écrit par Elvis Costello, Sting est revenu tout bonnement à ses premières amours à travers une réinterprétation classique de ses anciens grands succès, à la fois de l’époque Police et de la période solo, par des pointures de la réorchestration (dont Bill Ross, Nicola Tescari et même Michel Legrand), certes dans une adaptation symphonique des plus magistrales qui soit (avec le Royal Philharmonic Concert Orchestra, dirigé par Steven Mercurio) mais toujours dans une interprétation et un esprit qui n’essaye pas à tout prix de trop s’éloigner ou de se départager des versions originales, bien au contraire.
Si l’on retrouve facilement, voire tout de suite, un grand nombre de ces fameux hits qui ont bercé notre « jeunesse » (et encore aujourd’hui !), joués d’une manière inédite, soit précipité (le speedé Next to you), soit sautillante (le primesautier Englishman in New York), soit alors douce (l’épuré Every little thing she does is magic, le premier single ; l’ennivrant When we dance), ou bien encore nonchalante (le valsant Roxanne), il est moins sûr, voire évident, de reconnaître quelques-uns des autres morceaux qui composent cet opus délicat et feutré, comme I hung my head dans une ambiance country (avec harmonica), You will be my ain true love en duo vocal (presque a cappella), We work the black seam dans un style fanfare (avec trompettes), et The pirate’s bride, particulièrement profond, sombre et lent. On se demande juste ce que vient faire l’orchestre symphonique sur le swinguant She’s too good for me qui démarre dans un style twist rythmé des plus échevelés qui soit !
Quoi qu’il en soit, la voix sensible et sublime de Sting reste intacte et impeccable quelque soit la chanson choisie, capable de monter dans des octaves assez haut perchés (tel que sur le tournoyant I burn for you) comme de vous ensorceler dans un duo qui va crescendo (comme sur l’envoûtant The end of the game). Bref, voilà une sorte de best of cool et décontracté légèrement sorti de son registre habituel, déguisé pour l’occasion en œuvre hautement respectable, qui devrait plaire au plus grand nombre, même si le jeu, loin d’être révolutionnaire, n’en vaut pas toujours et complètement la chandelle ! A vous de juger sur pièce le 30/09 à Paris-Bercy et le 11/10 au Zénith de Nantes….

C.LB



 
 
 
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