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Kaboom
Sortie
le 06/10/2010
De Gregg Araki avec Thomas Dekker, Haley Bennett, Chris Zylka, Roxane Mesquida et Juno Temple
Smith mène une vie tranquile sur le campus. Il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet. Jusqu’à une nuit terrifiante où tout va basculer. Sous l’effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d’avoir assisté à l’horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s’enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais mais aussi le sort de l’humanité.
Avec un tel pitch, on pouurait tout simplement s’imaginer que nous sommes en présence d’un film dit générationnel traîtant des éternels problèmes bien spécifiques liés à la jeunesse en perdition et plus spécialement aux ados « teenagers », du style questions existentielles sur le devenir et surtout raisonnements indécis autour du sexe. D’ailleurs, sur ce cas bien précis, le scénario ne fait aucune abstraction quant au fait qu’à partir d’un certain âge, on essaye de se définir à travers une sexualité non déclarée et des pulsions pas vraiment refoulées ni complètement définies, quitte à tenter différentes expériences pour savoir dans quel bord on se trouve, et quelles sont nos préférences en ce qui concerne notre réelle identité ainsi que nos véritables tendances sexuelles. Vaste question que cette production ne cherche surtout pas à nous en expliquer la teneur mais plutôt ou du moins à nous la montrer de la manière la plus explicite, la plus libre et la plus débridée qui soit ! Sur ce sujet, le film ne tarit pas d’éloges, ne dressant aucune censure ni limite quant aux déviances, excès, dérapages et autres plaisirs en tout genre qui peuvent passer dans la tête des protagonistes principaux, du type explications sur le bon maniement orgasmique, nombreuses sauteries entre personnes du même sexe et quelques plans érotiques à plusieurs, le tout sur fond d’utilisation de stupéfiants aux visions hallucinatoires. Bref, le grand trip n’est pas très loin ! Qu’on soit hétéro, homo ou bi, on couche (le plus souvent) et on jouit (si possible), tel est le mot d’ordre et la revendication première de cette réalisation underground que nous sert (à nouveau) Gregg Araki, maître « culte » en la matière des longs métrages trash bien débridées et particulièrement détraqués (souvenez-vous de The Doom génération, Nowhere, Mysterious skin ou encore de Smiley face !). Alors, pourquoi nous sortir de derrière les fagots une sombre histoire de thriller faussement effrayante avec des rêves récurrents, des cauchemars étranges, des pouvoirs surnaturels et un complot diaboliquement apocalyptique au goût rétro (en référence sans aucun doute à sa fameuse trilogie Teen Apocalypse, tournée dans les années 90), une mystérieuse enquête bien tordue autour d’individus masqués qui sèment le trouble et le désordre, aussi bien dans l’esprit détraqué que la chair faible de nos « chers têtes blondes (brunes et rousses) » ? Pourquoi nous déballer autant de situations quelque peu répétitives (l’usage de technologies modernes y est ici intempestif : internet, clé USB, portable, SMS et mail à tout bout de champ !), si ce n’est que pour vouloir nous émoustiller avec des ébats coquins, des tentatives d’autofellation (se sucer pour goûter son propre foutre !), des cunnilingus bruyants (avec à l’appui des effets sonores garantis !) et des dialogues bien crus (« jouir jusqu’à se faire pêter le minou ») ! Là-dessus viennent se rajouter un rythme redondant bien persistant, une musique alternative planante (à la Cure), une ambiance nostalgique qui date un peu avec des artifices plutôt dépassés (en hommage peut-être aux années 60 !), des couleurs très contrastées sur des images assez surexposées (limite saturées), et des acteurs joyeux, certes tous beaux et toujours souriants mais bien nigauds et plutôt naïfs, voire pour certains (encore) bien déchirés et même souvent défoncés (c’est le cas de le dire !). En résumé, ce film indépendant à petit budget, à la fois pop, sexy, léger et narcissique, pour ne pas dire hédoniste au possible, est seulement un prétexte à nous permettre de nous rincer l’œil agréablement à la vue de ces éphèbes juvéniles et immatures au ton désabusé et en plein émois sexuels, qui se prélassent nonchalamment aux regards des autres intervenants, déambulant dans le plus simple appareil ou avec des tenues tendances hyper « branchouilles » (par exemple le béret !), et se posant des problèmes là où il ne devrait pas en avoir (ou bien alors si peu). Quoi, quel problème, chéri(e), chéri(e), on est là pour s’amuser… !
C.LB
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