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Joseph et la fille

Sortie  le  18/08/2010  

De Xavier de Choudens avec Jacques Dutronc, Hafsia Herzi, Aurélien Recoing et Denis Ménochet


Joseph vient de passer 20 ans en prison. A peine libéré, il n’a qu’une obsession : préparer un ultime braquage. Pour monter ce coup de maître, il a besoin d’un complice. Ne pouvant se fier à personne, il décide d’initier Julie, 20 ans. Le trouble s’immisce entre ces 2 êtres que tout oppose…

Ah, le séduisant Jacques Dutronc ! Rien que de voir sa gueule fatiguée, pour ne pas dire quelque peu ravagée à l’écran, on ne peut qu’être touché et même impressionné par le jeu certes énigmatique mais émouvant de ce grand acteur (et aussi cet immense chanteur) beaucoup trop rare, lui qui oscille professionnellement entre la pellicule et le micro (notamment avec sa tournée sur scène !). Cette fois, il joue un ex-taulard et vieux truand sur le retour, prêt à remettre le « couvert » une dernière fois pour finir en beauté, en tentant de voler le contenu d’un Casino.
A ses côtés, on retrouve Hafsia Herzi qui s’est fait très remarquer dans La graine et le mulet, puis dans Française et Les secrets. Elle tient la dragée haute à l’ombrageux Dutronc, lui disant en face qu’il « pue la mort », même si son interprétation peut sembler un peu trop figée et nerveuse, voire speedée par moment (elle récite son texte à la « mitraillette !). Quoi qu’il en soit, elle assure en petite racaille qui traficote ici et là, bien décidée à ne pas se laisser marcher sur les pieds et cela malgré ses talons aiguilles lorsqu’elle va tirer au revolver en forêt. D’ailleurs, ils vont tous les 2 faire équipe pour le meilleur et aussi pour le pire ! Face à eux, ils vont être « dérangés » par des gens pour le moins louches, une bande de voleurs qui cherche du fric à tout « prix », dirigée par un Aurélien Recoing (Cargo) toujours aussi sincère et charismatique, lui qui gagnerait à devenir vraiment une grande référence du cinéma français !
Dans ce film noir, on ne peut que déceler une certaine forme d’hommage à l’esprit du regretté Claude Sautet, tant le duo Dutronc/Herzi nous fait irrémédiablement penser à celui qu’interprétait Michel Serrault et Emmanuelle Béart dans Nelly et Monsieur Arnaud, tourné en 1995. Néanmoins, le réalisateur Xavier de Choudens (Frères en 2004) n’est pas encore totalement à la hauteur, d’autant que le rythme lancinant, le trop peu de dialogues, des personnages peu fouillés, ainsi que l’excès de silence sur fond de regards et de sentimentalisme exacerbés dans son polar sentimental fort esthétisant, manque de conviction et de profondeur, nous empêchant d’être complètement convaincu par ce couple peu probable, voire quelque peu impossible. En résumé, la manufacture est bonne et pourrait bien laisser présager une prochaine œuvre plus aboutie, c’est du moins ce qu’on espère de lui !

C.LB



 
 
 
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