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William Orbit : Pieces in a modern style, vol 2

le  16/08/2010   chez Decca/Universal





Ca roule plutôt bien pour William Orbit : pas une faute de goût depuis ses tous débuts au sein de son premier groupe anglais Torch song en 1983, jusqu’à l’album multi-platiné de Madonna, Ray of light, sorti en 1998. C’est que ce personnage discret, voire timide, est devenu en l’espace de quelques années le producteur et remixeur le plus convoité de la pop actuelle.
Raison de plus pour sortir enfin la suite de son album solo très personnel, Pieces in a modern style vol 1, qui était sorti en 2000, lui qui a consacré plusieurs années de bons et loyaux services auprès de groupes et chanteurs (et non des moindres !) tels que Blur, Depeche Mode, Peter Gabriel, The Cure, Kraftwerk, Prince, Seal et le regretté Malcolm McLaren (pour ne citer que quelques-uns des célèbres artistes avec lesquels il a collaboré), sans oublier dernièrement Katie Melua.
Ce vrai boulimique de travail a pris le temps de repeaufiner ses élégantes « pièces de style moderne volume 2 » où il marie harmonieusement des musiques classiques du 19ème et 20ème siècles avec la technologie et l’électronique d’aujourd’hui. 12 morceaux instrumentaux aussi doux que planants et aussi délicats qu’aériens, sorte de patchwork musical évanescent où Ravel (l’un de ses compositeurs classiques préférés) côtoie Grieg (l’hypnotique Peer Gynt), Elgar (Nimrod dans 2 versions différentes, dont l’une est psychédélique et l’autre dansante) avec Broschi (l’atmosphérique Alto giove), Vaughan Williams (Lark ascending sur lequel on reconnaît bien la touche Orbit) avec Bellini (Sonnambula genre comptine), Puccini (Babbino à la fois léger et cristalin) avec Fauré (Pavane et Paradisium, très à la Vangelis ou à la Mike Oldfield), et Saint-Saëns (Aquarium, générique du Festival de Cannes) avec Tchaïkovsky (Swan lake avec quelques effets électro).
On sent bien que William Orbit s’est vraiment fait plaisir en samplant et en réactualisant des airs immortels tirés d’un vaste répertoire. Il s’amuse à voyager entre 2 siècles de musique avec des effets sonores dont il a le secret et des rythmes apaisés comme des berceuses calmantes. Loin des bidouillages connus et habituels, il exprime une sensibilité à fleur de peau avec un choix de compositions classiques que l’on n’était pas spécialement préparé à entendre chez lui. Surprenant de sa part mais pas Jean-Michel Jarre pour 2 sous, pardon, pour 2 notes, William Orbit nous berce nonchalamment dans une ambiance toute en finesse et en douceur, où une certaine torpeur pourrait de temps à autre nous envahir, mais ce serait vraiment dommage de résister à tant de réconfort et d’apaisement, ne croyez-vous pas ?

C.LB



 
 
 
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