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Dr.John & The Lower 911 : Tribal
le 09/07/2010
chez
Proper records/Harmonia Mundi
Ambassadeur suprême du son de la Nouvelle Orléans et légende vivante du blues-rock américain tendance soul et funk, Dr John, de son vrai nom Mac Rebennack, nous sort son (au moins) 25ème album plein de sonorités alléchantes et de rythmes bluesy des plus majestueux qui soit. Il ne faut pas oublier que ce grand compositeur a baigné dans la musique dès la fin des années 50, début des années 60. En effet, du haut de ses 50 ans de carrière, Dr.John nous offre encore un nouvel enregistrement qui swingue allégrement sur 16 morceaux plutôt chaloupés et bien balancés, arrangés néanmoins toute en finesse et en harmonie, le tout dans une ambiance pour le moins sensuelle et un peu « sale » (dans l’esprit de l’un de ses tous premiers disques, Gris-gris, sorti en 1968). Avec son timbre vocal reconnaissable entre tous, il alterne d’un rythme à l’autre, que ce soit des funky Feel good music (avec sa voix en écho), When I’m right (avec un saxo, celui de Donald Harrison), Sleepin’in my bed et What’s wit dat (avec des chœurs) aux nonchalants Lissen at our prayer, Jinky jinx et Manoovas, des saccadés Big gap (avec des trompettes) et Change of heart (au piano) à l’accrocheurs Them, au caressant Scroungin’ et à l’enlaçant A place in the sun , du chant tribal (Tribal avec la présence d’un vrai chef indien) au jazz dansant (Only in Amerika, Potnah et Music came). Entouré de ses amis (notamment le pianiste et compositeur Allen Toussaint, le regretté song-writer Bobby Charles disparu en début d’année, et le guitariste Dereck Trucks), Dr.John ne s’est jamais détaché de ses racines R&B qui ont marqués ses débuts. C’est qu’il n’est pas qu’un simple musicien : tour à tour arrangeur, producteur, meneur d’orchestre, pianiste virtuose, chanteur à la voix râpeuse inimitable, et pachyderme aux allures de vieux de la vieille, revenu de toutes les générations et de toutes les modes musicales, il a collaboré avec quelques-uns des plus grands artistes actuels comme Eric Clapton, Mick Jagger et le regretté BB King. Son piano, son style et sa voix nasillarde ont inspiré des personnalités comme Tom Waits, The Neville Brothers, le regretté Willy DeVille, Harry Connick Jr.même et Beck. Il est même apparu au cinéma dans le film The Blues Brothers 2000. Cet album personnel, voire intime, lui permet de revenir aux sources du funk et de la soul, sorte de tribute bouillant à sa ville chérie, creuset d’influences musicales multiples et de croyances vaudou créole en tout genre. Bref, ce précurseur mythique et docteur Groove nous propose le meilleur de la soul noire et blanche, revue et corrigée par ses soins. Si vous avez l’impression d’entendre au détour d’une composition, l’esprit d’un James Brown, l’ambiance d’un Little Feat ou l’atmosphère d’un Boz Scaggs, ce n’est sûrement pas une coïncidence ou le fruit du hasard. Comme quoi, il y a encore des disques qui sont capables de nous remuer le corps et les sens ! Raison de plus pour aller le voir en concert le 18/07 au Nice Jazz Festival….
C.LB
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