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Krach

Sortie  le  01/09/2010  

De Fabrice Genestal avec Gilles Lellouche, Vahina Giocante, Michael Madsen, Lisa Ray, Joeffrey Verbruggen et Charles Berling


Trader dans une grande banque new-yorkaise, Erwan mise, joue et gagne. Mais il en veut plus, toujours plus. Lorsqu’il tombe sur un article consacré à la climatologie dans une revue scientifique, il a l’intuition d’une corrélation entre les variations climatiques et le flux boursier. Persuadé d’avoir mis la main sur la formule magique qui fera de lui le maître des marchés financiers, il persuade Sybille, la scientifique auteur de l’article, de modéliser sa vision et de créer un « hedge fund ». D’abord réticente, elle se laisse convaincre. Erwan finit par se prendre à un jeu où tous les coups sont permis….

En dessous du titre du film, on peut lire cette accroche on ne peut plus racoleuse : « le film vérité sur la crise ». Quelle crise, celle boursière, celle banquière (on pense bien sûr à la Société Générale), celle économique, celle à l’échelle planétaire ? Bien présomptueux et fort prétentieux d’écrire que cette production en grande partie franco-québécoise va tout nous dévoiler ou du moins nous faire comprendre sur ce qui s’est plus ou moins passé sur les marchés boursiers mondiaux il y a de cela maintenant un peu plus de 2 ans !
Grande méprise et grossière erreur lorsqu’on regarde cette fiction à peine démonstrative qui tente d’expliquer en filigrane que l’effondrement des marchés aurait peut-être été du à l’utilisation d’un procédé soi-disant miraculeux, une martingale annexée sur les changements du temps, qu’il y ait par exemple du soleil, qu’il vente ou bien encore qu’il pleuve. Idée bien saugrenue, voire procédé assez peu vraisemblable, mais qui ne semble pas avoir rebuté ni fait peur au co-scénariste et réalisateur Fabrice Genestal, plutôt adepte d’affaires religieuses (le téléfilm Une enfance volée : L’affaire Finaly, qui s’est déroulé entre 1945 et 1953) ou d’histoires de caïds (le film La squale sorti en 2000) !
Bien mal lui en a pris car on a l’impression d’être dès le départ embarqué dans une espèce de thriller financier destiné à la télévision mais très légèrement amélioré, sans beaucoup de moyens budgétaires (6 petits millions d’euros : le seul luxe ici, ce sont les quelques sauts en parachute, la belle voiture et l’appartement de notre protagoniste principal, joué par un Gilles Lellouche parano et mégalo au possible avec son énorme sentiment de puissance mais peu convaincant, aussi peu d’ailleurs que sa partenaire, Vahina Giocante, assez mauvaise dans sa manière de réciter son texte sans aucune nuance), ni beaucoup d’explications tangibles (ces deux-là anticipent des variations fantasmagoriques, c’est-à-dire qu’ils attendent qu’il fasse « beau » ou « mauvais » pour acheter ou vendre des actions à coups de plusieurs millions de dollars !).
Bref, on n’est pas très loin de la Bourse expliquée aux Nuls ! Mais cette plaisanterie, qui se veut quelque peu crédible, n’en a ni le fond, ni la forme et encore moins le potentiel. C’est un film qui n’a malheureusement pas l’ambition de son sujet. Le style est bancal, maladroit (avec des phrases toute faites du genre « le monde est à nous ! »), voire même complètement approximatif (entre autres la vision d’un bureau de traders), pas fouillé du tout et à peine prenant, où les situations sont ridicules (les soirées orgiaques, le saut en parachute final), et où les personnages sont dépeints à la va-vite (notamment Charles Berling qui disparaît rapidement de l’écran), de façon caricaturale (Michael Madsen en banquier redoutablement roublard et à l’air sincèrement désabusé) et clichée (tous les actionnaires sont vieux et bedonnants), histoire de bien rentrer dans des cases toutes faites et bien définies à l’avance.
Ce n’est pas avec 2 courbes graphiques qui montent et qui descendent, un modèle mathématique qui ressemble à un caisson avec des diodes fluorescentes dedans, et 3 ordres passés en salle des marchés qu’on va y croire intensément ! Gilles Lellouche, en trader donneur de leçons avide et obsédé par l’argent, n’est pas Michael Douglas pour 2 sous dans le film Wall Street, même si son nom dans le film, Erwan Kermor, se veut un petit clin d’œil éhonté à Jérôme Kerviel. Quant aux investisseurs, ils sont encore moins des Bernard Madoff en puissance ou bien alors vraiment par pure coïncidence.
En résumé, vous aurez bien du mal à spéculer abusivement sur la réussite de ce projet parodique qui se moque éperdument d’authenticité capitalistique, autant des véritables enjeux financiers que des réelles répercussions actuelles !

C.LB



 
 
 
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