en 
 
 
cinema

 
 

Be bad

Sortie  le  01/09/2010  

De Miguel Arteta avec Michael Cera, Portia Doubleday, Justin Long, Ray Liotta, Steve Buscemi et Zach Galifianakis


Les aventures sentimentalo-rocambolesques de Nick Twisp, adolescent amoureux, inexpérimenté et maladroit, lancé sur les traces de la fille de ses rêves, la belle et insouciante Sheeni Saunders.

A premières vues, vous allez forcément dire ou bien penser « voilà encore un film générationnel ! » avec ces protagonistes genre ados boutonneux qui se posent plein de questions existentielles et qui ont, comme d’habitude, beaucoup de problèmes à régler au niveau du sexe et de leur virginité à perdre. Il n’y a qu’à voir les 10 premières minutes pour craindre le pire, d’être à nouveau tomber sur une production formatée teenagers comme les studios américains nous en servent si souvent !
Et vous aurez tort de croire que cette réalisation, autour des mêmes sujets qui préoccupent une grande partie de la nouvelle génération, n’est qu’un énième prétexte ici à mettre en (diverses) situations un garçon plutôt étriqué, pour ne pas dire un peu coincé avec sa tronche de premier de la classe (Michael Cera, déjà à l’affiche de Juno et surtout de Supergrave, autre comédie de jeunes), et une fille aussi compliquée que taquine (Portia Doubleday dont c’est la première apparition à l’écran) qui va inévitablement forcer le premier à se battre pour arriver à la conquérir (et tout le reste, bien sûr !). Et pour se dépasser, ce dernier va employer les grands moyens, des stratagèmes certes particulièrement insensés mais pour le moins invraisemblables et plutôt tirés par les cheveux, afin d’arriver à ses fins.
Cette fois, on est loin des films de genre : le fond a beau être pratiquement le même (avec des parents toujours aussi dégénérés !), c’est la forme qui change un peu, d’autant qu’elle est tirée du célèbre roman de C.D.Payne, Youth in revolt ! En effet, au lieu d’avoir les éternels poncifs revisités et autres plagiats éhontés sur la question de l’attente de l’espoir et des fantasmes vis-à-vis de l’autre, les intervenants parlent et agissent non pas de manière puérile, condescendante ou futile, mais bel et bien de façon adultes, se comportant et réagissant comme des grandes personnes. Si leurs approches des problèmes rencontrés (essentiellement amoureux d’ailleurs !) semblent légèrement engoncés, voire empruntées, elles ont au moins le mérite d’être mis en scène astucieusement et d’être écrit posément, avec des dialogues subtils, des réparties croustillantes et parfois des expressions peu banales.
Pour peser ses actes (et ses nombreux dérapages), notre jeune héros masculin va aller jusqu’à s’inventer un double de lui-même, un peu délinquant et voyou sur les bords (d’où le titre !), français de surcroît ! Enfin une réalisation américaine qui ne caricature pas, qui ne se moque pas ou qui ne fustige pas la France et ses habitants ! Notre beau pays et notre belle langue sont vraiment à l’honneur, le tout servi par une bande son (Les cactus de Jacques Dutronc, Ca pourrait changer Brigitte Bardot) et quelques photos (celles de Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle) bien de chez nous. Pour une fois que l’Hexagone est mis en avant, il fallait le préciser !
En résumé, voilà une bonne surprise fort originale de Miguel Arteta (The good girl), qui certes sort un peu de l’ordinaire mais qui mérite d’être vue de part son caractère universel, autant d’ailleurs par les jeunes que par les grands, histoire de réconforter tout le monde sur le théme du sexe et la question de « à quoi peut bien penser un ado qui a atteint un certain âge ? » ! On se le demande.….

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique