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Benjamin Paulin : L’homme moderne

le  16/10/2010   chez AZ/Universal





Avec un nom pareil, on pourrait tout à fait croire que nous sommes en présence d’une sorte de publicité, tant ce double « in » pourrait rimer avec quelques marques (re)connues. Et pourtant, Benjamin Paulin n’est rien de plus qu’un auteur et interprète qui fait se juxtaposer des paroles simples mais lourdes de signification, comme des accroches publicitaires, avec un fond d’ambiance musicale passéiste, voire quelque peu rétro. Bref, il s’exprime à travers de la chanson à texte comme un certain nombre de ses confrères tels que Grand Corps Malade, en slamant tout naturellement !
On sent bien qu’à l’écoute de son premier opus disons plutôt pop et assez frais, ce jeune homme « moderne » s’est beaucoup inspiré de ces aînés, empruntant ici et là plusieurs courants, le swing des années 60 (Le déserteur – non, pas celui de Boris Vian ! - ; J’ai marché dans l’amour, avec des chœurs d’antan) jusqu’à celui des années 80 (Dites-le avec des flingues ; Laisse-moi tranquille, un peu d’ailleurs à la Etienne Daho), le slow d’à peu près la même époque (Notre futur n’a pas d’avenir ; Tout va bien, au phrasé lent), sans oublier le rap d’hier (L’homme moderne, très dans l’esprit du Nouveau western de Mc Solaar) et le hip-hop d’aujourd’hui (J’ai changé).
Quel dommage tout de même que cette nouvelle « génération » de chanteurs, pleins de références certes diverses et variées mais quelque peu dépassées et redondantes, n’ait pas plus de richesse créative et surtout plus de voix que cela, sans puissance ni subtilité et encore moins d’originalité, au ton souvent désabusé et au rythme parfois très lancinant ! En un mot, Benjamin Paulin joue au crooner faussement à la mode.
Qu’est-ce qu’on a pu en entendre de ces artistes au timbre soit fluet soit pas vraiment dans le ton, s’escrimant à pousser tant bien que mal le léger filet de leurs cordes vocales pour en extirper quelques notes plus ou moins justes ? C’est à croire que les nouveaux venus sur le marché musical, autant sur les ondes que dans les bacs, se sont passés le mot pour nous proposer un style musical qui n’a pas de véritable raison d’être, si ce n’est de trouver une tendance expressive « moderne » avant-gardiste capable d’intéresser le public, ce qui est beaucoup moins sûr !
Quoi qu’il en soit, si le cœur vous en dit, sachez que cet Homme moderne sera la scène du Bus Palladium le 30 juin, en compagnie de Charles-Baptiste et Wladimir pour la soirée Nouveaux Classiques. A l’instar du Golf Drouot dans les années 60, ce concept offre une tribune à la jeune scène française, entre chanteurs décalés, dandys et crooners version 2000, ayant comme point commun des plumes acerbes et aiguisée, bercés aussi bien par la variété que par le hip hop ou l’electro….

C.LB



 
 
 
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