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D’amour et d’eau fraîche

Sortie  le  18/08/2010  

De Isabelle Czajka avec Anaïs Demoustier, Pia Marmaï, Laurent Poitrenaux, Jean-Louis Coulloc’h et Christine Brücher


Julie Bataille, 23 ans, Bac + 5, les petits boulots, elle n’en veut plus. Elle cherche un vrai travail. Lors d’un entretien d’embauche, elle croise Ben qui, lui, a choisi de vivre au jour le jour d’expédients et de petits trafics. Il lui propose de venir passer l’été dans le Sud avec lui. Dans un premier temps, Julie refuse, puis un jour, sur un coup de tête, elle plaque tout et part le rejoindre.

Voilà un film typiquement « d’jeune », dit aussi générationnel, dans toute sa splendeur, espèce de chronique existentielle d’une jeune femme certes épanouie, libre et spontanée, mais quelque peu désabusée et pessimiste quant à son avenir, elle qui semble à peine sortie de l’adolescence et qui refuse déjà de rentrer dans un certain moule pour ne pas vivre comme les autres ! Bref, pas métro, boulot et dodo pour (plus que) 2 sous, la voilà qui s’acoquine avec un beau voyou qui lui offre une existence totalement irresponsable, aussi décontractée qu’irréfléchie, au bon vouloir de l’humeur du moment.
Ah, se foutre de tout et ne rien faire, quel pied et aussi quel rêve ! Difficile de résister à ce genre de vie quand on a un peu plus de 20 ans et qu’on se soucie guère, voire pas du tout du lendemain ! Toute cette histoire repose sur les frêles mais néanmoins jolies épaules d’Anaïs Demoustier, découverte dans Le temps du loup, puis ensuite dans Hellphone, Le prix à payer, La belle personne, Donne-moi la main et dernièrement dans L’enfance du mal. Sa gaîté, sa fraîcheur, son naturel et sa juvénilité, lui permettent d’être pile-poil le personnage sans trop forcer le trait, même lorsqu’elle joue la gamine qui veut bien faire mais qui s’emporte pour un rien et qui se fait virer de son boulot. Néanmoins, elle exprime une certaine forme de révolte mais aussi de courage et de détermination (d’où son nom de famille très révélateur !) dans ses rapports conflictuels avec sa mère et son frère, ainsi que ses multiples quêtes et autres recherches professionnelles.
Face à elle, Pia Marmaï (aperçu dans Le premier jour du reste de ta vie, La loi de Murphy, Bazar) interprète un jeune étalon dégingandé et fougueux, barbe d’une semaine et cheveux au vent, pas loin de Romain Duris dans Le péril jeune et Gadjo dilo. En résumé, ils forment un couple qui fonctionne parfaitement à l’écran
Dommage que ces turpitudes bien « actuelles », très dans l’air du temps, manquent cruellement d’intensité, de force et de mystère, comme si tout ce scénario était prévisible d’avance et cela depuis le début. De plus, les seconds rôles donnent la nette impression d’être un peu mal à l’aise, récitant leur texte plus qu’autre chose (sauf le VRP beauf, plus vrai que nature !). Si le film tient au jeu naturel de ses protagonistes principaux, il pêche par excès d’évanescence, de nonchalance et de « faute à pas de chance », redondants pendant presque 1h30.
Ce scénario comme sa mise en scène auraient gagné en intérêt et en énergie si la réalisatrice Isabelle Czajka (L’année suivante) ne s’était pas seulement cantonner à suivre pas à pas les errances plutôt prévisibles de son héroïne particulièrement paumée. En résumé, D’amour et d’eau fraîche ne suffisent pas à en faire un film prenant, en un mot, qui nourrit, laissant son public sur sa faim !

C.LB



 
 
 
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